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Air France : le pdg démissionne après avoir été désavoué par les salariés, Mr de Janaillac laisse le groupe sans plan de vol.

2018-05-06 16:55:30 - le pdg démissionne après avoir été désavoué par les salariés, Mr de Janaillac laisse le groupe sans plan de vol.La compagnie aérienne demeure nettement moins rentable que ses deux principales concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways.

Jean-Marc Janaillac aura donc passé moins de deux ans à la tête d’une entreprise réputée comme l’une des plus difficiles à piloter. Nommé PDG d’Air France-KLM en juillet 2016, trois mois après la démission surprise d’Alexandre de Juniac dans un climat social délétère, il quitte la compagnie aérienne un an avant la fin de son mandat.
 
La société est en voie de redressement, même s’il constate qu’elle reste « nettement moins rentable » que ses deux principales concurrentes européennes, Lufthansa et British Airways, avec un résultat de 590 millions d’euros en 2017. Une situation qui explique son refus des exigences salariales des 46 700 salariés français (sur un total de 83 000) – à commencer par celles des 4 000 pilotes.
 
Venu du groupe de transport Transdev (Caisse des dépôts-Veolia), ce condisciple de François Hollande à HEC et à l’ENA (promotion Voltaire) avait repris le manche après une grève dure, de violentes manifestations et l’agression de deux cadres dirigeants. Fin 2015, les images de leurs chemises arrachées avaient fait le tour du monde. M. Janaillac était arrivé chez Air France-KLM auréolé de ses succès de démineur du dossier SNCM, la compagnie maritime corse en dépôt de bilan, et de redresseur de Transdev en 2012-2013.
 
Des gages donnés aux salariés
 
L’homme, dont on souligne volontiers la forte éthique, la liberté d’esprit et la détermination, avait une hantise : que faute d’un vigoureux plan de redressement et de développement, la compagnie tricolore ne subisse le sort d’Alitalia, dont le chiffre d’affaires a fondu avant qu’elle ne soit ballottée de plans sociaux en repreneurs. Dès novembre 2016, il avait présenté un projet d’entreprise baptisé « Trust Together » (« Avoir confiance ensemble »), pour « reprendre l’offensive » face à une concurrence de plus en plus féroce des compagnies à bas coûts et des géants du Golfe et d’Asie.
 
Il avait demandé des efforts de productivité aux salariés,..
 
un conflit social déjà coûteux
 
Le groupe doit digérer une perte nette de 269 millions d’euros au premier trimestre, plombé par trois journées de grève à Air France.
 
Avant même l’annonce, vendredi 4 mai, du rejet par les salariés de l’accord salarial soumis à la consultation du personnel, l’action Air France-KLM était déjà entrée dans une zone de turbulences. Le titre avait décroché en clôture de 2,86 %. Le groupe avait présenté en début de journée des résultats trimestriels peu reluisants. Après trois trimestres consécutifs dans le vert, le résultat d’exploitation du groupe est reparti dans le rouge.
 
Au point que le groupe doit digérer une perte nette de 269 millions d’euros au premier trimestre, plombé par trois journées de grève (22 février, 23 et 30 mars) d’Air France sur cette période. Selon les calculs du cabinet AlphaValue, l’impact de ces trois premières journées a été de 75 millions d’euros sur le résultat opérationnel du premier trimestre.
 
L’addition devrait encore s’alourdir puisque la compagnie déplore d’ores et déjà 13 jours de grève depuis le mois de février. La direction a commencé à faire ses comptes et estime à « 300 millions d’euros minimum » l’effet négatif sur le résultat d’exploitation et anticipe que ce dernier sera pour 2018 « en baisse sensible par rapport à 2017 ». Cette dégradation attendue prend également en compte un renchérissement de la facture carburant, en hausse de 350 millions d’euros par rapport à 2017. Cette flambée s’explique par la hausse des cours du pétrole, qui se sont établis au-delà des 70 dollars le baril (58,5 euros).
 
Une forte concurrence
 
Le tableau est d’autant plus sombre que, dans le même temps, la concurrence ne mollit pas. Le groupe aérien IAG, maison mère de British Airways (BA) et Iberia, a vu ses résultats s’envoler au premier trimestre : son bénéfice opérationnel (hors éléments exceptionnels) a grimpé de 75 % à 280 millions d’euros, ses coûts étant restés quasiment stables.
 
C’est ce contexte concurrentiel qui était notamment mis en avant par Air France-KLM pour refuser d’accéder aux revendications salariales...
 
Le Monde
 
 

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