Nombre total de visites : 3612695
Aujourd'hui : 280
En ligne actuellement : 3

Madagascar : violents affrontements lors du rassemblement de l'opposition ( 4 morts et 16 blessés )

2018-04-21 21:22:52 - A Madagascar, les députés de l’opposition ont tenté de braver une interdiction de manifester ce samedi 21 avril à Antananarivo contre les nouvelles lois électorales. Le rassemblement a très vite basculé dans un face à face tendu avec les forces de l’ordre. Les heurts ont fait au moins un mort et 16 blessés, selon un bilan provisoire rapporté par l’hôpital d’Antananarivo.

Au moins une personne est morte et 16 autres ont été blessées ce samedi à Antananarivo, après qu'une manifestation interdite de l'opposition a tourné à l'affrontement entre manifestants et forces de l'ordres. L'opposition fait quant à elle état de quatre morts, tués par balle.
 
Une cérémonie funèbre est prévue ce dimanche matin place du 13-Mai. Les opposants appellent le peuple à venir rendre hommage aux victimes de la manifestation d'aujourd'hui.
 
Trois heures de heurts
 
L'opposition avait appelé à maintenir cette manifestation interdite par les autorités malgaches pour dénoncer l'adoption des lois électorales controversées. Pendant plus de trois heures ce matin, des heurts ont opposé manifestants et forces de l'ordre sur la place du 13-Mai, lieu historique de toutes les grandes manifestations dans la capitale malgache.
 
D’après les observations de RFI, près d’un millier d’hommes avaient été déployés pour contenir plusieurs milliers de manifestants. Aux tirs de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc des forces de l'ordre, les manifestants ont répondu par de jets de pierres.
 
Ce n’est que vers midi que les forces de l’ordre ont usé de leurs armes pour tirer en l’air à balles réelles. Dépassées par la situation, elles ont battu en retraite, laissant certains des leurs isolés. Une quarantaine de militaires ont donc trouvé refuge entre les murs de l’hôtel de ville. Ils ont pu être exfiltrés quelque temps après.
 
L'opposition planchent sur les actions à venir
 
« Ce régime sali par le sang malgache aurait pu éviter cela. Mais comme ils n'ont pas entendu les députés ni le peuple, voilà le résultat », a réagi la députée du parti TIM Hanitra Razasmanantsoa, considérée ces derniers jours comme la porte-parole de l’opposition. « Ce serait bien que vous restiez là où vous êtes maintenant », a-t-elle lancé à l'adresse du président Hery Rajaonarimampianina. Selon un communiqué de la présidence diffusé vendredi soir, celui-ci se trouve à l'extérieur du pays. Ni le lieu précis ni l'objet de sa mission n'ont été précisés.
 
En fin de journée, les députés de l'opposition étaient réunis au siège du parti Mapar d'Andry Rajoelina pour décider des actions à venir. Un peu plus tôt, ils avaient annoncé depuis le balcon de l'hôtel de ville, ils avaient annoncé aux manifestants que la mairie de la capitale serait désormais le lieu de rendez-vous pour manifester tous les jours jusqu'à ce que le président et son gouvernement démissionnent.
 
De leurs côtés, les forces de l'ordre se réunissaient pour décider des mesures à prendre.
 
Les députés de l’opposition dénoncent notamment la récente adoption de lois électorales qui, selon elles, favorisent le camp du pouvoir. Lors d’un débat très tendu à l’Assemblée, ils ont accusé le gouvernement d’avoir acheté certains élus pour les faire voter.
 
« On ne s’arrêtera plus. Maintenant, il y a des morts par balles réelles, il y a des blessés à l’hôpital, il y a des enfants en réanimation », a dénoncé devant la presse une députée du parti de l’opposition TIM, Hanitriniaina Razafimanantsoa. « Cette place est symbolique, c’est la place du 13 mai. C’était toujours là qu’à commencé les révolutions à Madagascar », a-t-elle prévenu. « Ce régime est maintenant sali par du sang malgache ».
 
Président absent
 
Hery Rajaonarimampianina se trouve en déplacement à l’étranger, selon ses services, qui n’ont pas précisé où il se trouvait. « Le message pour le président qui est à l’étranger, c’est que ce serait bien qu’il reste là où il est », a affirmé Mme Razafimanantsoa.
 
Elu en 2013, Hery Rajaonarimampianina n’a pas encore annoncé s’il allait briguer un second mandat. En revanche, deux anciens chefs de l’Etat ont déjà laissé entendre qu’ils se présenteraient : Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014. Tous les deux avaient été interdits de candidature en 2013.
 
M. Ravalomanana avait été renversé en 2009 après une mutinerie de l’armée qui avait permis à M. Rajoelina, alors maire d’Antananarivo, de devenir président non élu d’une transition jusqu’en 2014. L’arrivée au pouvoir de M. Rajaonarimampianina a mis un terme aux crises politiques à répétition dans la Grande Ile.
 
Le Monde et RFI - Titre: AM
 
 

: Afrique Monde