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Congo : De l'eau dans le gaz entre Paris et Brazzaville

2018-04-20 18:59:14 - «  Quand le jazz est là, la java s'en va. Il y a de l'eau dans le gaz » chanta Yves Montand repris par Claude Nougaro.

Le sommet des ministres des finances des pays africains de la zone franc (PAZF) tenu à Brazzaville du 12 au 13 avril 2018 a été ponctué par un fait majeur significatif des relations incestueuses et tumultueuses qui existent entre la France et ses anciennes colonies.
 
Le Congo-Brazzaville qui ploie sous une dette de plus de 110 % du PIB a besoin du soutien de Paris pour faire aboutir les négociations avec le FMI. Contrairement au Tchad, au Cameroun, au Gabon, à la Guinée équatoriale, quatre autres pays de la zone CEMAC qui ont déjà signé un accord avec l'institution de Bretton Woods, le Congo-Brazzaville plongé dans une grave crise budgétaire n'a pas encore eu accès à un quelconque programme du Fonds Monétaire International. 
Ce petit pays pétrolier traîne les pieds pour mettre en œuvre les réformes indispensables à la signature d'un accord avec le FMI. C'est le maillon faible de la sous-région de la CEMAC. D'où la nervosité des autorités du Congo-Brazzaville vis-à-vis de Paris.
 
Rigobert Ossebi sur Congo-liberty.com s'est interrogé : « quelle sera la revanche de Sassou Nguesso à l'humiliation de ce dernier le 13 décembre 2017 à Bercy … » ?
 
Denis Sassou Nguesso a la rancœur à fleur de peau, le ressentiment chevillé au corps et la rancune tenace. Le khalife d'Oyo a rendu coup sur coup. Œil pour œil, dent pour dent. Monsieur 8 % a-t-il les moyens de ses ambitions démesurées ? C'est l'histoire de la grenouille qui veut faire aussi plus grosse que le bœuf. Le rendez-vous matinal que lui avait accordé Bruno Le Maire le 13 décembre 2017 lui était resté en travers de la gorge. Denis Sassou Nguesso qui se comporte comme un enfant gâté qui casse tous ses jouets et qui exige de ses parents la satisfaction de tous ses caprices a snobé le ministre français des finances en visite au Congo-Brazzaville. Le face à face Sassou-Le Maire n'a pas eu lieu. Les usages diplomatiques, commandent que le ministre français en voyage soit reçu par le président du pays hôte. L'homme d'Edou-Penda a dérogé à la règle. « Merci ba pessa na mboua » chanta Lutumba Simaro.
 
Brazzaville peut-il se passer de Paris ? Le Congo-Brazzaville pouvait-il être éligible au statut pays pauvres très endettés (PPTE) et bénéficié de l'effacement d'une partie de la dette sans l'appui de la France ? « Christine Lagarde ne peut rien me refuser », se vantait, goguenard, le vainqueur de la guerre du 5 juin 1997 contre Pascal Lissouba.
 
Denis Sassou Nguesso ne réalise pas que Paris lui refuse aujourd'hui ce qu'on lui a donné hier. Il fait la moue. Autres temps, autres mœurs. Le fils de mama Mouébara à la mémoire courte. Pouvait-il revenir au pouvoir en 1997 à la suite d'un putsch sans le feu orange de Paris et le soutien logistique d'ELF ? Paris a-t-il bougé d'un iota quand Sassou Nguesso a procédé aux bombardements des populations du Pool à l'aide des hélicoptères de combat ? Pourquoi ne se tourne-t-il pas vers la Chine pour résoudre ses problèmes de trésorerie ? C'est un vrai faux bras de fer que Sassou Nguesso a engagé avec Paris.
 
Benjamin BILOMBOT BITADYS

: Afrique Monde