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Cameroun : L'OACI demande la fermeture du principal aéroport

2018-04-18 18:12:20 - Mauvais entretien du matériel informatique et du matériel d'entretien des pistes,  proximité des zones d'habitation… sont quelques-uns des maux évoqués par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour demander la fermeture pure et simple du principal aéroport du Cameroun.

La recommandation qui alarme tant le Cameroun est le résultat de l'audit qu'une équipe de cette institution réalise depuis une semaine sur les installations de  l'aéroport international de Douala après la sortie début février de 14 compagnies aériennes membres de «Airline Operatirs Committee » et desservant le Cameroun, y compris la compagnie aérienne camerounaise Camair-Co, qui dénonçaient dans une lettre adressée au Directeur Général des Aéroports du Cameroun,  l'état de délabrement « très avancé » de l'ouvrage ». 
 
« Si on exclut quelques parties du cheminement des passagers, le bâtiment est d'une saleté repoussante : peintures défraîchies, murs décrépis, toilettes infréquentables, faux plafonds sales ou manquants, travaux d'aménagement abandonnés, huisseries fatiguées, branchements électriques ou informatiques incohérents aux circuits inconnus, forêt inextricable de câbles extérieurs pendant le long des façades, climatisations absentes ou insuffisantes, matériel informatique et banques d'enregistrement sales ou mal entretenus, éclairages défaillants. … », avaient-ils énuméré au passage.
 
En réponse, le ministère des transports camerounais dirigé alors par Edgard Alain Mebe Ngo'o, avait promis la mobilisation des moyens conséquents  pour des travaux à long terme. Depuis, plus rien.
 
Il est pourtant important de rappeler qu'en 2016 l'aéroport International de Douala avait été fermé, plusieurs semaines durant, pour cause de travaux de rénovation. On parlait alors de 46 millions d'euros (plus de 30,17 milliards) prêtés au Cameroun par l'Agence Française de développement) pour lesdits travaux. A quelles fins a donc été utilisé cet argent pour que moins de deux ans après on en soit à constater la vétusté de l'infrastructure dont on dit aujourd'hui que « L'état des aires de service (galerie bagages, zones de stockages des conteneurs, voies de circulation du matériel au sol) est lamentable, avec des  revêtements dégradés, des nids de poule, du matériel abîmé, qui contribuent à la dégradation des tarmacs pourtant récemment refaits ».
 
Curieusement, les Aéroports de Paris (ADP), qui à travers leur filiale locale, les Aéroports du Cameroun (ADC) sont chargés de gérer les 7 grands aéroports du Cameroun, (Douala, Yaoundé-Nsimalen, Ngaoundéré, Garoua, Maroua-Salak, Bamenda et Bertoua) et qui ont manifestement géré ce pactole, semblent ne pas trop se déranger, et laissent la patate chaude du pourrissement persistant de ce qu'on appelle ici les aéroports-poubelles du Cameroun aux seules mains des autorités camerounaises.
 
Au Cameroun, l'opinion évoque la piste d'un méga-détournement de fonds impliquant tout ce beau monde (ADP à travers les ADC, et les autorités gouvernementales en charge des infrastructures de transport).
Un cas auquel l'Opération Epervier devrait probablement s'intéresser.
 
Sam Mayem et Natondi K.
 

: Afrique Monde