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GB : La Russie dénonce le «numéro de cirque» de Theresa May sur l'empoisonnement de Sergueï Skripal

2018-03-13 05:42:56 - Au cours d’une allocution prononcée au Parlement le 12 mars, le Premier ministre britannique a estimé qu’il était «très probable» que Moscou soit responsable de l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Youlia. 
 
Devant les parlementaires britanniques, Theresa May a déclaré le 12 mars qu'il était «très probable que la Russie soit responsable» de l’empoisonnement de Sergueï Skripal, ex-agent double russe et de sa fille Youlia. Qualifiant l’agression d’attaque «aveugle et imprudente contre le Royaume-Uni», le Premier ministre britannique a toutefois précisé que deux scénarios étaient à envisager. Selon elle, l’empoisonnement relève soit d’un «acte ciblé» de la Russie soit d'une «perte de contrôle» de l'agent innervant (le poison) par les autorités russes. 
 
Le chef du gouvernement britannique a en outre annoncé que l'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni avait été convoqué au Foreign Office et qu'il devrait fournir des explications. S'il ne donne pas une «réponse crédible» dans un délai de 24h, le Royaume-Uni conclura que l'attaque implique «un usage illégal de la force par l'Etat russe contre le Royaume-Uni», a-t-elle précisé. Dans ce cas, elle a fait savoir qu'elle soumettrait des propositions de représailles à la Chambre des communes (la chambre basse du Parlement britannique). 
 
Dans le registre des menaces toujours, Theresa May s'est dite «prête à prendre des mesures plus importantes», rappelant dans la foulée que les troupes britanniques étaient stationnées sur une base de l'OTAN située en Estonie, pays frontalier de la Russie. 
«Un numéro de cirque devant le Parlement britannique» 
 
Accusé sans preuve tangible, Moscou a rejeté en bloc les accusations de Theresa May. «C'est un numéro de cirque devant le Parlement britannique», s'est indignée la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, citée par des agences de presse russes. Pour elle, il ne s’agit ni plus ni moins d’une «campagne politique fondée sur la provocation». 
 
De son côté, le général des services de sécurité russes (FSB), Vladimir Djhabarov, a estimé dans une déclaration à l'AFP que l'empoisonnement de l'ex-agent double pourrait avoir été commis par le Royaume-Uni ou un pays tiers afin de «blâmer et noircir la Russie». 
Vladimir Poutine : «Tirez les choses au clair de votre côté, et après nous en parlerons avec vous» 
 
Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine, alors en déplacement dans la région russe de Krasnodar, avait répondu à un journaliste de la BBC, qui l'avait questionné sur une potentielle responsabilité de la Russie dans l’empoisonnement de Sergueï Skripal. «Tirez les choses au clair de votre côté, et après nous en parlerons avec vous», avait répondu le président russe. 
 
Sergueï Skripal, âgé de 66 ans et sa fille de 33 ans sont hospitalisés en soins intensifs depuis le 4 mars, date à laquelle ils ont été retrouvés inconscients sur un banc devant un centre commercial à Salisbury (sud de l'Angleterre). Le 7 mars, la police avait identifié un agent innervant, «très rare» selon la ministre de l'Intérieur Amber Rudd, excluant donc les plus connus tels le gaz sarin ou l'agent VX, qui a tué l'an dernier en Malaisie un demi-frère de Kim Jong-un. Ce 12 mars, Theresa May a assuré qu'il s'agissait d'un agent innervant de «type militaire», du groupe des agents «Novichok». 
 
Si l'affaire reste enveloppée de mystère et que les inconnues sont nombreuses, la presse britannique avait rapidement établi un lien avec le Kremlin lui-même. Devenue diplomatique, l'affaire Skripal avait déjà conduit Maria Zakharova à réagir. Déplorant des commentaires «sauvages» liant l'empoisonnement de l'espion à Moscou, elle avait rappelé que l'ambassade de Russie au Royaume-Uni avait démenti toute implication de son pays dans cette affaire, prétexte à une nouvelle «diabolisation» de la Russie. 
 
Ex-espion empoisonné: Washington soutient May qui désigne Moscou 
 
Washington a apporté son soutien à Londres qui a estimé "très probable" la responsabilité de la Russie dans l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni, où une nouvelle réunion de crise sur cette affaire était prévue mardi. 
 
La ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, doit présider mardi à 10H30 (11H30 GMT) une nouvelle réunion interministérielle de crise Cobra pour faire le point sur l'enquête. Le comité "Cobra" est convoqué dans les cas d'urgence nationale au Royaume-Uni. 
 
Lors d'une intervention lundi devant le parlement britannique, la Première ministre Theresa May a estimé "très probable que la Russie soit responsable" de l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Youlia, survenu le 4 mars à Salisbury. Moscou a vivement réagi en dénonçant une "provocation". 
 
Washington a en revanche logiquement apporté son soutien à son allié: les Etats-Unis font "toute confiance à l'enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l'attaque", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson. 
 
"Nous sommes d'accord sur le fait que les responsables --à la fois ceux qui ont commis le crime et ceux qui l'ont ordonné-- doivent en subir les sérieuses conséquences appropriées", a-t-il ajouté, après un entretien téléphonique avec son homologue britannique Boris Johnson. 
 
Interrogé sur l'éventualité d'une réaction de la part des membres de l'Otan après l'attaque d'un des leurs, le chef de la diplomatie américaine a affirmé: "Cela va à coup sûr entraîner une réaction". 
 
Le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg avait auparavant jugé l'empoisonnement "très préoccupant pour l'Otan", soulignant que le Royaume-Uni était un "allié très précieux". 
 
De son côté, Moscou a réagi aux accusations portées par Theresa May en dénonçant une "provocation". "C'est un numéro de cirque à destination du parlement britannique", a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, citée par les agences de presse. Sur Facebook, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que les accusations visaient à "discréditer la Russie", à l'approche de la Coupe du monde de football, dont elle avait remporté l'organisation notamment aux dépens du Royaume-Uni. 
 
- Un jeu très dangereux - 
 
Mme May a souligné que l'agent innervant utilisé contre l'ex-espion et sa fille était une substance "de qualité militaire", du groupe des agents "Novichok" mis au point par la Russie. Elle a donné donné jusqu'à mardi soir à Moscou pour fournir des explications à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). 
 
"En l'absence de réponse crédible, nous en conclurons que cette action constitue un usage illégal de la force par l'Etat russe contre le Royaume-Uni. Et je reviendrai alors devant la chambre (des Communes) et présenterai l'éventail des mesures que nous prendrons en représailles", a-t-elle averti. 
 
L'ambassade de Russie à Londres a accusé de son côté le gouvernement britannique de jouer un "jeu très dangereux". Cela "envoie l'enquête sur une piste politique inutile, et porte le risque de graves conséquences à long terme pour nos relations" bilatérales, a déclaré un porte-parole de l'ambassade. 
 
Le 4 mars, Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans, ont été découverts empoisonnés sur un banc de la petite ville de Salisbury, en Angleterre. Ils sont dans un état "critique mais stable, en soins intensifs", tandis qu'un policier, également victime de l'agent innervant, est "conscient" et se trouve "dans un état grave mais stable". 
 
Les agents "Novichok" sont "plus dangereux et plus sophistiqués que le sarin ou le VX", deux autres agents innervants, "et plus difficiles à identifier", selon un professeur de pharmacologie de l'université de Reading (sud de l'Angleterre). 
 
A Salisbury, une contamination "limitée" a été constatée dans le restaurant Zizzi et dans le Mill Pub, où se sont rendus Sergueï Skripal et sa fille. "Le risque pour le public est faible", a assuré Mme May. 
 
Toutefois, des centaines de personnes ayant fréquenté ces lieux le jour ou le lendemain de l'empoisonnement ont été invitées dimanche à laver leurs vêtements et nettoyer sacs à main ou téléphones portables avec des lingettes désinfectantes. 
(©AFP / 13 mars 2018 04h07) 
 

 

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