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Cameroun: Des compagnies internationales décrient la dégradation de l'aéroport international de Douala

2018-02-21 21:22:36 - Ce ne sont pas les mauvaises langues –toujours à vouloir dénoncer la gestion inconséquente des affaires du pays par ses "honorables" dirigeants-  qui s'en sont chargé cette fois-ci, mais bien les compagnies aériennes qui alimentent les caisses de la structure aéroportuaire camerounaise. 
 
C'est enfoncer une porte ouverte que de dire que depuis quelques années l'Aéroport International de Douala se trouve dans un état qui cause de sérieuses inquiétudes à ses usagers que sont les compagnies aériennes desservant le Cameroun via Douala, la capitale économique et principale porte d'entrée de ce pays d'Afrique centrale. Ce n'est manifestement pas l'avis des personnes en charge de sa gestionqui donnent plutôt l'impression de dormir tranquillement, les poings fermés, sur ce volcan potentiellement explosif. Au point où une quinzaine de compagnies aériennes opérant à travers le monde, dont la camerounaise Camair-Co, ont dû se sentir obligées d'attirer l'attention de son Directeur Général.
 
Espace en perpétuelle dégradation, équipements complètement vieillis. Toutes choses auxquelles il faut ajouter un personnel totalement démotivé. Voilà succinctement brossé dans une correspondance adressée le 05 février au patron des Aéroports du Cameroun (ADC) -par  Camair Co, Air France, Brussels Airlines, Turkish Airlines, Asky, Ethiopian Airlines, South African Airlines, Royal Air Maroc, Kenya Airways, Cronos, Ceiba, Transair Congo, Rwandair, et Air Côte d'Ivoire-, l'état des lieux de l'aéroport dit international de Douala. 
 
Selon les 15 compagnies aériennes qui ont porté leurs « vives préoccupations liées à l'état de la plateforme et à la prestation d'assistance qui y est délivrée » à la connaissance de monsieur Thomas Owona Assoumou, la maintenance par exemple est des plus alarmantes :  « le bâtiment est d'une saleté repoussante : peintures défraîchies, toilettes infréquentables, murs décrépits, faux plafonds sales ou manquants, travaux d'aménagement abandonnés, huisseries fatiguées, branchements électriques ou informatiques incohérent aux circuits inconnus, forêt inextricable de câbles extérieurs pendant le long des façades, climatisations absentes ou insuffisantes, matériel informatique et banques d'enregistrement sales ou mal entretenus, éclairages défaillants. »
 
« L'état des aires de service (galerie bagages, zones de stockages des conteneurs, voies de circulation du matériel au sol) est lamentable : revêtements dégradés, nids de poule, matériel abîmé. Ceci contribue à la dégradation des tarmacs pourtant récemment refaits », ajoutent les correspondants de monsieur Assoumou, pour qui ces défaillances déjà si criardes, sont le moindre des maux, rapportés à d'autres : « Il ne se passe pas une journée sans panne ou manque de matériel, l'ensemble des équipements n'est pas entretenu de manière optimale. Les loaders perdent leur hydraulique de manière alarmante et les tarmacs gorgés d'huile n'ont plus la résistance initiale et se détériorent rapidement. Les chariots porte-conteneurs, en nombre notoirement insuffisant, et les porte-palettes présentent tous des défauts rédhibitoires : rouleaux manquants, retenues inexistantes, freins hors d'usage.
 
Les tracteurs dont le parc en activité est particulièrement réduit, présentent pour la plupart des défauts d'éclairage ou de signalisation. Le matériel hors d'usage ou en maintenance permanente se rencontre sur toute la plateforme », peut-on lire dans la correspondance qui souligne également que « le matériel lourd (Air Power Unit, Ground Power Unit) n'est absolument pas fiable et de surcroît inadapté aux gros porteurs. Les engins de levage sont absents. Il n'existe pas de hangar de maintenance. Celle-ci se fait à l'air libre… où un atelier d'une saleté repoussante est installé au milieu d'épaves ou de carcasses rouillées. Le matériel de piste dans son ensemble est sale et jamais nettoyé. ».
 
L'état d'esprit du personnel de l'aéroport international de Douala n'est pas en reste dans les récriminations des compagnies aériennes, qui en perçoivent une évidente démotivation, conséquence  d'un « matériel et des locaux qui ne leur permettent pas d'effectuer correctement leurs tâches ». Bien plus encore, elles, relèvent les arrêts maladie, l'absentéisme et la désertion des manutentionnaires et des assistants en piste, causés par les conditions de travail difficiles dans lesquelles ils exercent, pour suggérer  l'urgence « d'agir et de procéder rapidement aux aménagements les plus pressants ». Et d'ajouter :  « Surtout que certaines mesures de bon sens ne demanderaient pas d'investissements importants. Il n'y faut que de la volonté. »
 
De quoi révolter les Camerounais qui se demandent finalement à quoi a finalement rimé l'onéreuse "rénovation" il y a seulement un peu plus d'un an, de l'aéroport international de Douala.
 
Nul doute que cette nouvelle actualité offre un prétexte en or au président de la Confédération Africaine de Football, qui ne cesse de répéter depuis l'année dernière que le Cameroun qui accueille l'an prochain la Coupe d'Afrique des Nations ne peut pas être à jour de ses infrastructures, pour houspiller le pays. Et ce n'est pas surprenant que ce soit le Cameroun qui offre si facilement le fouet avec lequel il sera cravaché par Ahmad Ahmad.
 
Quel excellent sens de l'auto flagellation !
 
Par Natondi K. et Sam Mayem
 
 

 

: Afrique Monde