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Cameroun- Terrorisme d'Etat : l'armée incendie tout un village anglophone pour venger 3 gendarmes ( vidéo )

2018-02-14 01:43:35 - Réagissant à la mort de trois gendarmes lors d'affrontements avec les sécessionnistes le 11 février dans la localité de Kembong  (région  du Sud-ouest), l'armée camerounaise y a dépêché dimanche en début d'après-midi, une escouade de vengeurs constituée d'éléments du Bataillon d'Intervention rapide et de la gendarmerie Nationale.

L'objectif  visé par cette expédition punitive était de rééditer  un des actes monstrueux dont les forces armées camerounaises sont désormais coutumières dans les régions anglophones soupçonnées de sympathies séparatistes, et qu'elles ont déjà perpétrés dans des localités tels Belo, Kwa-Kwa, Tadu… : incendier toutes les habitations du village et faire des centaines d'habitants des sans abris.

Dans le village Kembong où le visiteur ne pouvait rencontrer lundi que quelques vieillards épargnés par la furie de la soldatesque, ce sont presque toutes les maisons qui sont parties en fumée.

« Ce sont les éléments du Bataillon d'Intervention Rapide et les gendarmes qui ont brulé les maisons, c'est une grande armée de militaires qui est arrivée vers 14h30 ce jour là, ils ont commencé à tout détruire, cassant les portes des maisons, tirant en l'air avec des armes terribles », témoigne un des rescapés, OJONG James BATE,  rencontré par nos confrères de TV5 Monde.

«Les gens ont fui et ils sont allés se cacher un peu partout.... dans les villages alentours.... ou s'ils ont quelqu'un quelque part ils vont aller chez lui », raconte pour sa part un autre témoin, très âgé.

Vendredi pourtant, le porte-parole du ministère de la défense du Cameroun affirmait qu' «Il a été demandé aux éléments de continuer à faire preuve de sans-froid », et que « Toutes les provocations d'une audace extrême (de la part des militaires, ndlr) ont été évitées ».

Si brûler toutes (ou presque) les habitations d'un village et abattre de sang froid certains de ses habitants comme nous le signalent à l'instant certaines sources qui évoquent des cadavres retrouvés dans la périphérie de Kembong où des personnes auraient été exécutées sommairement et jetées comme des animaux enragés par les militaires, c'est faire montre de "sang froid" et "éviter des provocations d'une audace extrême", il faudra en déduire que c'est quand l'armée camerounaise aura tué tous les anglophones, sans en laisser un seul, qu'elle aura seulement le sentiment d'avoir commencé à faire du mal !  De quoi donner des raisons d'accorder un certain crédit à la thèse de la légitime défense avancée par les séparatistes pour justifier les assassinats crapuleux des éléments de l'armée envoyés dans leurs contrées pour les réduire définitivement au silence. 
Ceux qui trouvaient excessif que l'on puisse parler d'un génocide anglophone en cours au Cameroun -ou qui s'offusquent  de voir publier des images horribles illustratives de la tragédie que subit cette minorité  depuis 2016, comme si le thermomètre qui indique la température élevée était plus la cause des souffrances humaines que la maladie qui cause la hausse de la température- peuvent se raviser : le diable s'est décidément installé dans les esprits des dirigeants camerounais qui n'ont plus de cesse d'incendier les localités soupçonnés d'abriter les sécessionnistes, ou plutôt selon la terminologie gouvernementale, les "terroristes".

Sam Mayem

 

: Afrique Monde