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France : Mathieu Gallet condamné, il exclut de démissionner de Radio France + FRANCE DU COPINAGE

2018-01-16 23:50:46 - MATHIEU GALLET - L'actuel patron de Radio France a été condamné à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour "favoritisme". Il a fait appel et a réaffirmé son "innocence". Mathieu Gallet est ferme et catégorique - pour le moment. Anticipant sa condamnation ce lundi 15 février, l'actuel patron de Radio France a fait savoir au Monde, avant le verdict des juges, qu'il comptait bien rester à son poste quel que soit la décision des magistrats.

"Mon mandat court jusqu'en mai 2019 et je resterai pleinement investi jusque-là", a-t-il indiqué au quotidien du soir. A l'issue de la décision du tribunal de Créteil, les avocats de Mathieu Gallet ont ont confirmé son intention de conserver ses responsabilités. Cependant, il semble très probable que la question de sa démission soit mise sur le tapis, compte tenu de la nature de sa condamnation.
 
Mathieu Gallet a en effet été identifié par la justice comme responsable d'actes de "favoritisme" lorsqu'il était président de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), pour des contrats passés avec des sociétés de conseils, pour 400 000 euros. Les juges ont considéré que deux contrats avaient été conclus sans que Mathieu Galet ne respecte la législation en vigueur sur les marchés publics. Pour assurer sa défense devant les juges, Mathieu Gallet avait tenu un argumentaire singulier, reconnaissant qu'il ne savait tout simplement pas ce qu'imposait la réglementation en la matière : "Avant mon arrivée à l'INA, je n'avais jamais été confronté à ces questions de marché public", avait-il admis lors de son audition.
 
Pour Anticor, partie civile, cette condamnation est "une vraie satisfaction". L'association qui lutte contre la corruption en France considère que la justice a "a rappelé que lorsqu'on est responsable d'un établissement public, géré avec des deniers publics, on se doit de le gérer avec rigueur et responsabilité".
 
Vers une démission forcée de Mathieu Gallet ?
 
Le PDG de Radio France va donc devoir composer avec de nouvelles critiques concernant sa capacité à gérer un établissement public de si grande ampleur, alors que le gouvernement et le président s'interrogent sur les choix budgétaires opérés ces derniers mois dans les médias publics. C'est désormais au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de prendre une décision sur le cas Gallet s'il estime qu'il ne peut mener son mandat à son terme. Contacté par Le Monde, le ministère de la Culture a indiqué qu'il ne donnerait aucune recommandation sur le sujet : "C'est d'abord à Mathieu Gallet qu'il revient d'apprécier les éventuelles conséquences de la décision. La loi donne actuellement au seul CSA le pouvoir de nommer et de défaire les mandats. Dans ce cadre, toute intervention de l'exécutif serait critiquable. L'audiovisuel public est dans une situation spécifique : ses dirigeants doivent bénéficier de garanties d'indépendance par rapport à l'exécutif.
 
Mathieu Gallet a fait part de son intention de faire appel de sa condamnation. "Compte-tenu des conditions dans lesquelles l'enquête et l'audience se sont déroulées, la décision du tribunal n'est pas une surprise. Nous faisons immédiatement appel pour que la Cour examine ce dossier avec sérénité et dans le respect des droits de la défense", ont réagi les avocats du patron de Radio France ce lundi 15 janvier 2018.
 
Mathieu Gallet, un début de carrière tonitruant
 
À la tête de la Maison Ronde depuis 2014, ce "charmeur" est loin d'être méconnu du grand public. Il a d'ailleurs beaucoup fait parler de lui dans le passé... De la bio de Mathieu Gallet, on sait aujourd'hui que ce quarantenaire a fait ses études à l'Ins­ti­tut d'études politiques de Bordeaux, avant de décrocher un DEA d'ana­lyse écono­mique des déci­sions publiques à la Sorbonne en 2000. Et il commencera sa carrière dans le cinéma, ou plutôt l'industrie du cinéma : intégrant le groupe Pathé, il en devient rapidement l'un des cadres dirigeants en étant propulsé responsable de l'ad­mi­nis­tra­tion des ventes inter­na­tio­nales. En 2004, Mathieu Gallet rejoint Canal+ en tant que chargé de mission aux rela­tions insti­tu­tion­nelles.
 
Mais c'est sans doute en 2009 que sa carrière va basculer : deux ans après l'élection de Nicolas Sarkozy, "l'ouverture" permet à Frédé­ric Mitter­rand d'entrer au gouvernement. Et le nouveau ministre de la Culture décide de profiter des talents du "jeune" Mathieu Gallet, qui s'est déjà constitué un joli réseau. A la Culture, Mathieu Gallet va piloter une vaste réforme de France Télévisions et la suppres­sion de la publi­cité sur les chaînes publiques. De quoi enrichir considérablement son CV.
 
Cette collaboration avec Frédéric Mitterrand va permettre à Mathieu Gallet de voir plus loin. En 2010, grâce à un soutien appuyé du ministre dont il est devenu proche, il est nommé à la présidence de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), gardien des archives de la télé française depuis sa création. La nomi­na­tion de ce trentenaire, venu de nulle part, fera quelques vagues. Mais cela n'arrêtera pas l'ascension de Mathieu Gallet. Un peu moins de quatre ans plus tard, un nouveau challenge s'offre à lui : à la fin février, il est nommé, par le CSA, PDG de Radio France.
 
Mathieu Gallet : une carrière parsemée de polémiques
 
Depuis qu'il a pris la tête de Radio France, Mathieu Gallet a déjà fait l'objet de nombreuses polémiques. Chargé de réduire drastiquement les coûts dans la Maison Ronde, il est régulièrement épinglé par les syndicats qui ont mené, en 2015, une grève historique de 28 jours contre son plan de départs. Le tout avec un chantier pharaonique de rénovation de la Maison de la Radio qui n'en finit pas de plomber les comptes du groupe. En 2014, quelques semaines à peine après sa nomination, Mathieu Gallet est par ailleurs épinglé par le Canard Enchaîné pour la rénovation de son propre bureau. Un relooking évalué à 105 000 euros avec moquette luxueuse et boise­ries de palis­sandre, écrit alors l'hebdo... Le PDG de Radio France sera finalement blan­chi par l'ins­pec­tion géné­rale des Finances, en 2015.  Mais la réputation du charmeur cultivé, moderne, ambitieux, élégant et un brin précieux va, elle, rester.
 
source: Publié par Brujitafr
 

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