Nombre total de visites : 3556526
Aujourd'hui : 385
En ligne actuellement : 3

Cameroun- les députés du Sdf bloquent les travaux de l'Assemblée Nationale avec un concert de Vuvuzela

2017-12-13 17:33:44 - Les députés du SDF (principal parti de l'opposition camerounaise, ont remis ça lundi, en bloquant par un concert de bruits faits à l'aide de flûte, la séance plénière d'adoption de la loi des finances 2018.

A travers des "vuvuzelas" tonitruants, ces parlementaires qui sont engagés dans un terrible bras de fer avec leurs collègues de la majorité depuis que celle-ci a décidé de faire chorus avec le gouvernement en refusant d'envisager la résolution de la crise anglophone sous un angle autre que celui de la répression brutale, ont transformé l'hémicycle en une vaste salle de concert.


                                                             Un député Sdf en pleine action de perturbation

Il faut dire que ces dernières semaines, la Chambre basse du parlement camerounais est devenue la scène de nombreuses perturbations occasionnées par les députés de l'opposition, notamment le SDF, principal parti de l'opposition, qui exigent que soit portée au parlement le débat sur la forme de l'Etat qui a causé depuis novembre 2016, la mort de centaines de Camerounais dont une dizaine de policiers, militaires et gendarmes, des milliers de blessés et d'arrestations  des dizaines de milliers de déplacés à l'intérieur du pays, sans compter les anglophones qui ont carrément quitté le pays pour se réfugier au Nigeria voisin.

Début novembre, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés avançait le chiffre de 40.000 ressortissants des régions anglophones ayant fui le pays suite à la répression sanglante des manifestations de proclamation symbolique de l'Etat sécessionniste d'Ambazonie.

Le nombre de Camerounais anglophones fuyant le pays pour cause de répression a d'ailleurs augmenté lorsque que le préfet du département de la Manyu, Oum II,  a décidé d'ajouter son grain de zèle à la décision du président de la République de faire monter d'un cran sa guerre  contre les sécessionnistes anglophones à la suite des derniers assassinats de militaires et policiers dans la zone.

Ce préfet avait alors publié un communiqué qui demandait aux populations de certains villages de son unité administrative de quitter leurs habitats pour laisser le champ libre aux forces de l'ordre, et que ceux qui n'auront pas obtempéré seront considérés comme complices des "terroristes".

Certes, ce communiqué qui a suscité un véritable tollé aux allures de programmation de génocide   a depuis été récusé par son auteur dans un autre où était évoqué un "faux" communiqué dont les adeptes de la division du Cameroun lui auraient fait porter la paternité, mais chat échaudé craignant même l'eau froide, des anglophones continuent d'errer sur la route de l'exil vers le Nigeria, pour le cas où.

Encore qu'à bien scruter ce communiqué déclaré faux après coup, et en le comparant à un autre signé par le même préfet quelques mois plus tôt, on a vraiment de la peine à croire qu'il n'est pas le véritable auteur de celui qui fait l'objet de la controverse actuelle.

              Communiqué du préfet de la Manyu demandant aux populations d'évacuer leurs villages
 


Un message porté du même préfet signé en septembre  qu ordonnait la répression, porte la même signature
 
         Ces Camerounais ont aussi décidé de prendre le chemin de l'exil après le communiqué du préfet Joseph Oum II
 
C'est donc cette situation que les députés de l'opposition voudrait faire cesser, au grand déplaisir de ceux de la majorité qui dans les faits plutôt pro-sécessionnistes, voudraient plutôt faire perdurer, puisqu'à l'instar du gouvernement qu'ils soutiennent plutôt que l'on laisse les choses (s'enliser) là où elles sont.

Mais pour Jean Michel Nintcheu, député SDF et président régional du SDF pour le Littoral, « Il n'est pas possible de débattre sans que le problème anglophone ne soit inscrit à l'ordre du jour ». Comme quoi, on n'est pas prêt de voir l'opération de blocus de l'Assemblée Nationale par l'opposition connaître son terme.

Natondi K.

 

: Afrique Monde