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Cameroun : Fidèle à sa tradition répressive, des manifestants contre l'esclavage en Libye interpellés à Yaoundé

 Fidèle à sa tradition répressive, le Cameroun a tenté lundi de museler les manifestants qui protestaient lundi contre la traite humaine en Libye, dans le cadre de l'indignation mondiale faisant suite  à la diffusion par la chaîne de télévision américaine CNN d'un reportage montrant des ressortissants d'Afrique subsaharienne vendus comme esclaves pour cultiver des champs.

Si partout à travers le monde des Africains se sont donné rendez-vous dans les représentations diplomatiques libyennes de leurs pays de résidence respectifs pour manifester  leur colère contre le commerce des esclaves auquel sont en train de se livrer des Libyens sur les personnes des malheureux migrants originaires d'Afrique subsaharienne, les autorités camerounaises ont quant à elles tenté d'empêcher  leurs citoyens qui s'étaient réunis devant l'ambassade de Libye à Yaoundé, de s'exprimer.
 
Alors qu'un diplomate libyen en poste à Yaoundé a même tenté en vain d'échanger avec les leaders des manifestants qui brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «l'homme noir n'est pas du bétail», et exigeaient à grands cris que le gouvernement libyen prenne l'engagement de mettre fin à la vente d'Africains comme esclaves en Libye, lesdits manifestants ont vu se ruer subitement sur eux des éléments de la Compagnie de sécurisation des diplomates (CSD) de la police, qui, au finish, ont interpellé certains d'entre eux, dont  l'initiateur de la manifestation, Nzodjou Fotsing.
 
Illustration de cette frilosité des autorités camerounaises, les personnes interpellées ont été conduites à la Direction Générale des Renseignements Extérieurs et soumises à un long interrogatoire. 
 
Face à cette manœuvre  répressive d'autant plus injustifiée que les motivations de la manifestation de lundi  n'avaient rien à voir avec la politique intérieure du Cameroun,  les meneurs de la mobilisation qui ont été finalement libérés en fin d'après-midi se sont dits résolus à aller jusqu'au bout malgré l'intimidation : «Notre objectif reste le même, nous voulons aller en Libye ramener nos frères à la maison», a affirmé Nzodjou Fotsing, non sans promettre une autre descente dans la rue pour ce mardi.
 
La manifestation de Yaoundé faisait suite à celle qui a mobilisé des milliers de personnes à Paris le 18 novembre, à l'appel de l'animateur Claudy Siar et du leader panafricaniste Kemi Seba.  

 
Tout commence par la publication sur les réseaux sociaux d'un enregistrement réalisé par un Camerounais vivant en Libye, connu sous le pseudonyme de John Dahl Carter, en réaction au décès d'un sénégalais vendu comme esclave. Sensibilisé par cet enregistrement publié en ligne, la chaîne de télévision CNN réalise  et diffuse un reportage sur le sujet qui a bouleversé le métabolisme de plus d'un être humain, y compris du Secrétaire général de l'Onu, mais visiblement pas celui des imperturbables autorités camerounaises.
 
Natondi K.
 
 

: Afrique Monde