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R.D. Congo : Quand Kabila abuse de l'art de se servir de la guerre pour se maintenir au pouvoir

2017-10-24 00:03:25 - Les groupes armés qui dévastent la république démocratique du Congo sont-ils des montages de Joseph Kabila constamment en quête d'une caution frivole pour se maintenir frauduleusement au pouvoir ad vitam aeternam ? Les journalistes sont encore les seuls à se poser la question, au nom du doute philosophique et de la prudence –parfois nimbée de pudibonderie- qu'impose la pratique de leur métier.

Au sein de l'opinion congolaise, notamment dans les milieux des analystes avisés, si habitués aux subtilités du régime qui dirige le pays depuis le renversement du dictateur sanguinaire et kleptomane Mobutu, qu'ils en connaissent jusque dans les moindres détails le schéma fonctionnel, la question ne se pose même plus.
 
C'est on ne peut plus clair, la guerre ici, qu'elle soit civile ou interétatique, n'est qu'une manœuvre dilatoire, un prétexte dont se sert Joseph Kabila pour empêcher toute alternance démocratique à la tête de l'Etat où il entend se maintenir jusqu'à la fin de ses jours.
 
La dernière sortie de la Commission électorale nationale indépendante de la RDC affirmant l'impossibilité pour elle d'organiser l'élection présidentielle avant la fin de l'année en cours tel que convenu dans les accords dits « de la Saint Sylvestre 2016 » n'ont pu berner que la soi-disant communauté internationale qui, en public, gueule à s'exploser le larynx contre les multiples entourloupes de Kabila, mais en privé le caresse si doucereusement dans le sens du poil, qu'il n'a pas d'autre choix que de se prévaloir de ses soutiens secrets internationaux pour narguer le peuple congolais et le faire languir. 
 
La tribune publiée par Jean-Jacques Wondo OMANYUNDU sous le titre « La guerre, ce sera certainement la continuation du glissement de Kabila par d'autres moyens » que Cameroonvoice propose à ses lecteurs ci-dessous est une des plus pertinentes illustrations de notre propos sur la manière dont l'autocrate rwando-congolais, sur les conseils de son mentor rwandais, use et abuse des guerres fictives mais aux conséquences réelles en termes tueries des populations et des accaparements des ressources minières du pays, pour perpétrer perpétuellement des coups d'Etat constitutionnels.
 
"La guerre, ce sera certainement la continuation du glissement de Kabila par d'autres moyens"
 
Par Jean-Jacques Wondo Omanyundu
 
Depuis qu'il est au pouvoir, Joseph Kabila a fait sien ce principe du stratégiste prussien Carl Gottlieb von Clausewitz selon lequel la guerre n'est pas une fin en soi mais bien « une simple continuation de la politique par d'autres moyens. La guerre n'est pas seulement un acte politique, mais un véritable instrument politique, une poursuite des relations (ou transactions) politiques, une réalisation de celles-ci par d'autres moyens ». C'est-à-dire un moyen de faire la politique autrement. Ainsi, des trois options – politique – diplomatique – militaire – qui font sa stratégie, c'est certainement l'option armée qui réussit le mieux à Kabila en RDC, faute d'adversaire de taille.
 
Chaque fois que Joseph Kabila se sent politiquement en danger ou menacé, il recourt à la voie militaire comme ressource pour faire la politique et consolider son pouvoir. Il s'agit d'une stratégie apprise de son mentor rwandais et leurs rébellions créées en RDC (RCD, CNDP et M23). Dans la stratégie rwandaise de « Fight and talk »[1], la politique se fait par la force. Et lorsqu'on est mis en difficulté, on recourt à la négociation pour gagner du temps et divertir son adversaire le temps de se requinquer militairement. Une fois requinqué, on pousse la négociation à l'échec pour poursuivre la politique par la force ou les armes. C'est la leçon magistrale que Kabila vient d'asséner à l'opinion congolaise et internationale, en décidant unilatéralement de faire échec à l'accord de la Saint-Sylvestre par la CENI interposée.
 
La présente analyse tente de montrer comment Kabila met en place une stratégie guerrière pour continuer de se maintenir au pouvoir, au-delà du 31 décembre 2017, date ultime de fin de son mandat prolongé par l'accord de la Saint-Sylvestre.
 
C'est ce que l'on pourrait être tenté de tirer comme constat lorsque cette AG a été présentée par plusieurs observateurs comme étant la rencontre de tous les enjeux sur la RDC. En marge de la 72ème session ordinaire de l'Assemblée générale de l'ONU, le même Conseil de sécurité avait convoqué une réunion extraordinaire sur la RDC présidée par Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU. Ladite réunion, sans prendre des résolutions contraignantes, a accouché d'une déclaration timide qui se limitait à énoncer les préoccupations des Nations unies, exigeant à la CENI de publier rapidement le calendrier électoral qui doit tenir compte des délais prescrits dans l'Accord de la Saint-Sylvestre qui arrivent à échéance le 31 décembre 2017.
 
Un communiqué qui semblait renvoyer les parties congolaises dos-à-dos. Le pouvoir congolais a réussi à éviter une ferme condamnation de l'ONU, quand bien même l'ONU ne lui a accordé aucun sursis sur le respect du processus devant conduire à l'alternance au pouvoir le 31 décembre, au plus tard. Le Conseil de sécurité n'a pas non plus suivi la position du pouvoir congolais qui cherche désespérément une nouvelle table ronde[2] avec l'opposition autour du Rassemblement. Quant au Rassemblement et à la clique des activistes des droits humains qui lui est inféodée, elle n'a pas non plus obtenu des nations unies son plan d'une transition sans Kabila, au-delà du 31 décembre 2017. Quoi de plus normal pour les Nations unies qui ne peuvent contrevenir, à ce stade, au processus politico-électoral de l'accord de la saint-Sylvestre qu'elles ont parrainé dans la résolution 2348[3].
 
Le forcing d'une délégation de l'Union africaine conduite par le Président de la Commission de l'UA, en séjour à Kinshasa le 30 septembre 2017, pour échanger avec les membres de la Majorité présidentielle, de l'opposition et de la Société Civile sur la crise en RDC n'a pas non plus été couronné de succès.
 
Une diplomatie du glissement essoufflée et à court de stratagème politique, la marge de manœuvre de Kabila se rétrécit
 
L'option diplomatique de Kabila s'avère finalement peu fructueuse, malgré le soutien de façade de Zuma. La dernière sortie des sénateurs américains qui exigent davantage des sanctions à l'encontre du régime de Kabila[4], à la surprise feinte de Kikaya bin Karubi, le Raspoutine conseiller diplomatique de Kabila, en est une illustration. L'option politique semble également, si l'opposition tient bon, aboutir à une impasse. Kabila a sans doute très mal joué ses dernières cartes politiques en débauchant quelques opposants opportunistes et impopulaires au sein du Rassemblement et de l'opposition. 
 
Il  se trouve pratiquement dos au mur faute d'interlocuteur valable pour lui permettre un ultime dialogue en vue de se maintenir au pouvoir. La CENCO étant désormais partie prenante à une transition sans Kabila qui l'aurait roulée dans la farine, s'active aux côtés du Rassemblement et de la société civile pour obtenir d'ici au 31 décembre 2017 une alternance au pouvoir sans ce dernier. C'est donc sans doute vers le forcing militaire, comme en décembre 2016, que Kabila va sans doute jeter ses dernières forces dans sa bataille du glissement.
 
Comme en 2016, c'est sur le terrain militaire congolais que Kabila affute ses armes
 
C'est plus que probablement dans ce domaine, qui compte finalement en Afrique d'autant que l'armée a toujours été une ressource du pouvoir, qu'il compte faire la différence par rapport à ses adversaires. Il se prépare sérieusement à cette éventualité depuis 2014 avec une hyper militarisation suspecte de sa Garde républicaine (GR)[5]. La tendance s'est poursuivie en 2015, juste après les événements de janvier à Kinshasa, par le transfert d'environ 8000 éléments de la Garde républicaine (GR) au sein de la police nationale Congolaise (PNC). Ces éléments, surnommés « Fourmis et Abeilles de 2016 », formés par les égyptiens et les israéliens aux techniques de combat urbain pour réprimer les manifestations publiques en cas de contestation populaire du régime de Kabila[6], ont prouvé leur efficacité de manière spectaculaire en septembre[7] et décembre 2016.
 
Une réorganisation de la Police nationale en vue des enjeux politiques à venir
 
La réorganisation opérée au sein de la police nationale congolaise (PNC) en juillet 2017 vise particulièrement à militariser la police par l'injection des militaires en son sein et placer le pays sous-forme d'un état d'urgence de fait[8] qui ne dit pas son nom. A plusieurs reprises, Kabila a reproché à la police de ne pas suffisamment réprimer les manifestants de manière exemplaire et dans le sang. Il faut dire que la posture assez modérée de la police est en partie résultante de l'inculturation des valeurs éthiques enseignées par la formation dispensée par l'EUSEC-RD Congo, qui respectent un certain nombre de normes et de standards internationaux dans le cadre des procédés tactiques de police en matière de maintien de l'ordre.
 
Une philosophie qui n'est pas présente chez les militaires dont l'objectif dans l'engagement dans la bataille est de tuer. Ainsi, en nommant un dur katangais, Sylvano Kasongo Kitenge qui a longtemps sévi au Kasaï, le fief d'Etienne Tshisekedi, c'est un signal fort que Kabila veut lancer à tous ses contestataires. Il en est de même de la nomination du Général Dieudonné Amuli Bahingwa, à la tête de la PNC. Le lieutenant-général Dieudonné Amuli Bahingwa, occupait auparavant la fonction de chef d'état-major général adjoint des FARDC chargé des renseignements et des opérations. Selon une source militaire. Sa nomination à la tête de la PNC s'est accompagnée d'un mouvement important de transfert de nombreux officiers et sous-officiers des FARDC vers la PNC afin de renforcer l'encadrement des unités de la PNC qui sont souvent jugés moins répressifs que les militaires.
 
Des ex-unités rwandophones du CNDP au Kasaï et les ex-M23 stationnés à Maluku aux ordres d'Amisi Tango Four pour contrer l'agression angolaise
 
A Kinshasa est stationnée l'unité personnelle du général major Amisi Kumba Tango Four, autrefois déployée à Goma, appelée le bataillon sans défaite. C'est le bataillon dit QG de la1ère Zone de défense (ouest de la RDC) composée principalement d'unités issues du RCD-Goma, l'ancienne rébellion créée par le Rwanda. Lors des événements de septembre et décembre 2016, ces troupes avaient reçu des consignes très strictes de tirer sans sommation contre les insurgés armés appelés manifestants pacifiques (selon les chefs), de procéder aux rafles des jeunes dans les quartiers chauds (secteur de la Tshangu notamment).
 
En plus des unités de la GR, Kabila compte particulièrement sur la 11ème brigade commando FRR des FARDC, commandée autrefois par Amisi Tango Four, et sur la 32ème brigade mécanisée/Force de Défense principale (FDP) du général Akilimani Muhindo dit Mundos.
 
C'est particulièrement vers ses ex-frères d'armes au sein de l'AFDL et les ex-éléments des rébellions créées par le Rwanda (RCD-Goma, CNDP, M23) que Kabila se tourne désormais pour sa sécurité personnelle.
 
C'est ainsi qu'en décembre 2016, plusieurs indications concordantes des sources sécuritaires congolaises et des enquêtes poussées, menées par DESC en collaboration avec d'autres organisations internationales actives en RDC, ont attesté que des centaines d'éléments de l'ex-rébellion du M23 ont été injectés au sein des unités de la Garde républicaine et des Forces de réaction rapide les 19 et 20 décembre à Kinshasa pour réprimer la population qui sifflait contre la fin du mandat de Kabila. DESC détient des témoignages crédibles qui seront exploitées ultérieurement par des organisations partenaires.
 
A Kinshasa, ce sont le général ex-CNDP Kabundi, autrefois basé à Kisangani mais évoluant désormais dans la GR à Kinshasa et le colonel Innocent Gahizi, très proche de l'armée rwandaise, qui ont coordonné les opérations. Une partie de ces ex-M23 ont même passé la nuit dans une des résidences de Gahizi, vers Maluku.  D'autres éléments ont été incoroporés au sein des unités placées sous le commandement direct du général Amisi Tango Four, le commandant de la première zone de défense des FARDC, dans la partie orientale du pays.  Gabriel Amisi est connu pour ses nombreuses collusions avec l'armée rwandaise, en jouant notamment un rôle néfaste décisif lors de la prise de Goma par le M23 en novembre 2012[9].
 
Les violences au Kasaï qui sont loin d'être terminées, l'insécurité dans la Province Orientale, au Katanga et au Bas-Congo, ainsi que la résurgence des attaques armées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu procèdent vraisemblablement de la stratégie de Kabila, en collusion avec ses alliés régionaux, d'instaurer un désordre ordonné ou chaos généralisé, selon certains analystes, en RDC.
 
Un renforcement de la GR avec la création d'un nouveau bataillon
 
Les forces spéciales de l'armée égyptienne ainsi que des moniteurs congolais ont achevé en septembre une formation d'un 4ème bataillon de 950 hommes à Kibomango du 14ème régiment spécial de sécurité honneur de la GR. Il s'agit du 123ème bataillon de la Garde républicaine. Ce bataillon est commandé par le lieutenant-colonel Matata Misimbo, un ancien responsable de la sécurité du Palais de la nation. Il s'agit d'une unité spécialisée aux combats en milieu urbain. Kabila s'était personnellement rendu 1er septembre 2017 à Kibomango pour assister à la cérémonie de fin de formation de cette unité qui a était suivie d'un exercice de démonstration à balles réelles.
 
Le 03 août 2017, le 2103ème régiment de surveillance ainsi que les 141ème et 142ème bataillons spéciaux de recherche et des actions en profondeur (CRAP) ont terminé leur formation à la base de Kitona dans les conditions miséreuses et infrahumaines, tant pour les recrues que pour leurs instructeurs congolais ayant remplacé les angolais après leur retrait de la RDC. On signale d'ailleurs des cas de décès, de maladie et de désertion pour mauvaise prise en charge de ces recrues et des instructeurs.
 
Le 12 août 2O17, c'est la base militaire de Kamina, dans le Haut-Lomami, qui a célébré la cérémonie de prise d'armes de la 32ème brigade de réaction rapide, baptisée Kwata (brutal en lingala ou saisir en tshiluba), formée en 18 mois par des instructeurs chinois et congolais, grâce à la coopération militaire sino-congolaise conclue ? en 2008. D'autres soldats de la même brigade, de la promotion dénommée Ninja sont en cours de formation à la même base.
 
Entretemps, la France, l'un des rares soutiens occidentaux à Kabila, s'est engagée à renforcer son régime dans les domaines de formation avec le training à Kamina, des réserves de la Garde républicaine[10], la formation et l'équipement des unités navales des FARDC. C'est le cas par exemple du financement par la firme pétrolière franco-britannique PERENCO[11] d'un programme de modernisation de la marine militaire congolaise. Cette entreprisse qui exploite le pétrole à Moanda, a financé la réparation et la remise à niveau, par l'entreprise MW AFRITEC SPRL,[12] de 8 escorteurs de fabrication chinoise du type 062 Shanghaï 2 stationnés à Boma et à Banana. Perenco a récemment financé l'acquisition de 2 vedettes rapides RPB-20 par la marine militaire congolaise.
 
Ces navires sont déjà opérationnels à Banana. Les forces navales françaises ont également construit et équipé une station de surveillance maritime ultra moderne avec une variété de radars de surveillance maritime à Yema, dans la périphérie de Moanda. Ce centre de surveillance maritime est opérationnel depuis octobre 2016, nous renseigne une source experte de la force navale congolaise.
 
Un déploiement impressionnant des 25 batteries antiaériennes le long de la frontière sud-ouest de la RDC
 
Plutôt que de déployer des batteries antiaériennes à l'est du pays confronté à une inflation permanente des groupes armés, comme l'attestent les récents événements au Sud-Kivu et au Nord-Kivu, c'est plutôt le long des frontières méridionales et occidentales de la RDC que le régime de Kabila déploie son effort militaire principal. L'objectif principal est de contrer une éventuelle incursion angolaise en RDC. C'est ce qui a expliqué, selon une source des renseignements militaires, la visite de Kabila en septembre dernier au Congo-Brazzaville.
 
C'est un total de 25 batteries de défense anti-aériennes que Kinshasa a déployées le long du fleuve Congo entre le secteur de Mbudi (Mont-Ngafula vers le Bas-Congo) en aval du fleuve Congo, à l'ouest de Kinshasa et le secteur de Kwamouth, à l'est de Kinshasa dans l'ancienne province du Bandundu.
 
Ces batteries antiaériennes sont des unités mixtes composées d'éléments du régiment d'artillerie de la Garde républicaine et du régiment d'artillerie de la 1ère Zone de défense/FARDC, dirigée par le Général Gabriel Amisi Tango Four. Ce régiment est stationné au Camp Sonankulu à Mbanza-Ngungu, l'ex -camp EFATBL (Ecole de formations des troupes blindées) dans le Bas-Congo.
 
Ce système d'artillerie anti-aérienne est essentiellement composé de canons de défense contre avions (DCA) guidée par radar et vise à protéger tous les objectifs stratégiques situés le long du fleuve Congo[13]. Le commandement est confié au colonel Abdallah Kayumba, commandant du 17ème régiment d'artillerie de la Garde républicaine. Il est assisté par le lieutenant-colonel Pekos Mbumb, qui est le commandant du régiment d'artillerie de la 1ère Zone de défense /FARDC. C'est le fils du feu Général Natanaël Mbumb, commandant des gendarmes Katangais en 1977 et 1978 en Angola.
 
Pour des raisons de confidentialité, nous ne livrerons pas d'autres détails stratégiques sur l'emplacement exact de ces batteries et les spécifications techniques de l'armement qui les compose.
 
Avec des éléments ci-haut avancés, Kabila semble partir favori dans la prochaine bataille décisive qu'il compte livrer contre ses opposants pour se maintenir au pouvoir par la force. L'opposition congolaise, qui peine à mobiliser la rue depuis le 19 décembre 2016, semble être à court de stratégie. Elle doit impérativement intégrer la donne militaire dans sa stratégie de voir Kabila quitter le pouvoir au 31 décembre 2017. C'est-à-dire travailler avec les hommes en armes si elle veut réellement renverser le rapport de forces sur le terrain. Les stratégies de lutte pacifiques semblent montrer leur limite, surtout qu'elles sont mal conceptualisées et opérationnalisées sur le terrain.
 
Les changements en Afrique ne se font ni sans les militaires, encore moins contre les militaires. L'acteur 'armée' dispose d'une ressource supérieure – la FORCE – de telle sorte qu'en cas de menace des intérêts vitaux de l'Etat, elle peut l'activer pour assurer et garantir les valeurs constitutionnelles de la République. L'armée est de ce fait un acteur d'autant plus incontournable que l'alternance pouvoir, particulièrement en RDC, ne peut se faire sans son implication, active ou passive[14].
 
L'impasse politique qui se profile d'ici au 31 décembre 2017 ne laisse guère de doute sur un épilogue violent de la crise actuelle. Les craintes du Conseil de sécurité des Nations unies, exprimant son inquiétude face à la détérioration de la situation politique, sécuritaire et humanitaire en RDC [15], indiquent les limites des solutions politiques et diplomatiques non contraignantes. Joseph Kabila est déjà dans la guerre contre les Congolais, c'est son arme politique fatale. L'ignorer serait suicidaire pour les Congolais.
 
Jean-Jacques Wondo OMANYUNDU/ Exclusivité DESC
 
 

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