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Cameroun- Marche de soutien de l'opposition aux Anglophones : Enfin !!! le deputé Nintcheu sort de son sommeil sommaire. Douala encerclée par l'armée, J-M Nintcheu prêt à tout !

2017-10-22 18:12:29 - Les domiciles des responsables politiques de l'opposition impliqués dans les manifestations de ce samedi en guise de manifestation de solidarité aux anglophones sont encerclés pour les empêcher de mettre le nez dehors, les dispositifs anti-émeutes font une parade ostentatoire, les mouvements des personnes sont strictement contrôlés, voire orientés par les forces de l'orde et de sécurité.

La tension monte à Douala, à environ une heure du meeting organisé par Jean-Michel Nintcheu avec le soutien de certaines formations de l'opposition.
 
Au Cameroun le régime a décidé de montrer des dents et des muscles pour empêcher l'opposition de tenir un meeting  et d'effectuer une marche dans différentes artères de la ville de Douala organisés par le SDF, dans le but de manifester sa solidarité aux camerounais d'expression anglaise victimes de la répression perpétrée par le pouvoir et ses forces armées et de police.  
 
Pour arriver à ses fins, le pouvoir a ainsi déployé avant l'aube, un impressionnant dispositif militaro-policier dont les éléments, armés jusqu'aux dents, sont prêts à faire feu à tout moment, ainsi que vient de nous l'affirmer très menaçant, un militaire qui nous a dépouillé le plus simplement du monde de notre téléphone qui, selon lui, nous « sert à faire des photos » (Sic).
 
Outre l'auteur de ces lignes dont le téléphone a été arraché après qu'il a été identifié, d'autres citoyens malchanceux ont vu les leurs aussi retirés pour les mêmes raisons.
 
Il est impossible de circuler dans la ville capitale économique depuis ce matin, plus particulièrement dans l'arrondissement de Douala 1er dont le sous-préfet a pris jeudi une mesure interdisant les manifestations du SDF auxquelles d'autres partis d'opposition (UDC, Manidem, CPP…) ont annoncé leur participation.  
 
Dans cette ambiance d'Etat d'urgence qui ne dit pas son nom, des personnes qui vaquaient simplement à leurs occupations ont été enjoints par les forces de sécurité de descendre des taxis ou mototaxis qui les transportaient, et priés de continuer  à pied ou de retourner tranquillement dans leur domicile « sans faire le difficile » (Resic).
 
Il faut cependant relever qu'en dehors de ces rackets et autres manœuvres d'intimidation, aucun cas de bastonnade des populations ou de tir d'armes à feu n'a été signalé.
 
Par ailleurs, si le député Jean-Michel Nintcheu, président régional du SDF dans le Littoral et responsable de l'organisation des manifestations a affirmé hier qu'il ne se pliera pas aux injonctions d'un sous-préfet, position également adoptée par la présidente national du Cameroon People Party (CPP), Edith Kahbang Walla, qui a affirmé hier, « On va sauf que marcher »,  il semble pour l'instant très peu probable que les manifestations puissent avoir lieu, compte tenu du caractère intimidant du dispositif sécuritaire déployé, qui fait qu'à l'heure où nous mettons en ligne, les nouvelles qui nous parviennent font état d'un grand  climat de peur qui règne au sein de la population.
 
Ici, on se souvient qu'après les manifestations du 22 septembre dernier en zones anglophones, le gouverneur du Sud-ouest, Okalia Bilai, avait affirmé qu'à la prochaine manifestation, les "chiens" -entendez les manifestants- allaient  rencontrer sur leur chemin les forces de l'ordre. Le 1er octobre suivant, une autre manifestation dite de proclamation symbolique de l'indépendance du Cameroun anglophone a été impitoyablement réprimée dans le sang. Comme annoncé.
 
Le sous-préfet de Douala 1er ayant affirmé vendredi que tout sera fait pour empêcher le SDF et ses alliés de circonstance de tenir leur meeting, la crainte de voir l'armée et la police tirer à balles réelles sur les populations comme il y a une vingtaine de jours dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest, est donc aussi réelle qu'immense. 
 
« La marche aura lieu et sera pacifique ; nous n'avons aucune intention de provoquer l'armée ; nous n'avons que nos mains nues ; nous n'avons pas d'armes. Nous allons marcher pacifiquement. Comme le régime est passé maitre dans l'art de tirer sur des manifestants désarmés, nous sommes prêts à subir le même sort. ». Jean-Michel Nintcheu
 
Mais pas dans l'esprit de Jean-Michel Nitcheu qui, répondant au sous-préfet dont l'interdiction des manifestations de l'opposition serait motivée par la crainte  que des d'activistes profitent du meeting et de la marche de ce samedi pour se livrer à des actes de provocation, affirme que « Ce sont des prétextes fallacieux. Le RDPC a lui-même invité plusieurs autres partis politiques lors de son meeting. J'ai encore le communiqué de Laurent Esso (le ministre de la justice et chef de la délégation du parti au pouvoir dans le Littoral, ndlr) où il invitait d'autres formations politiques à se joindre à eux. Pourquoi est-ce que leur manifestation n'a pas été interdite ? ». 
 
« Nous ne pouvons pas nous plier aux injonctions d'une administration partisane. Ce sous-préfet a pris une part active à la marche du RDPC et ne peut pas venir nous empêcher de manifester. Son attitude partisane et partiale lui enlève toute crédibilité » ajoute le député, interrogé par nos confrères de "Le Quotidien de l'Economie". Jean-Michel Nintcheu affirme même être prêt à aller jusqu'au sacrifice suprême : « La marche aura lieu et sera pacifique ; nous n'avons aucune intention de provoquer l'armée ; nous n'avons que nos mains nues ; nous n'avons pas d'armes. Nous allons marcher pacifiquement. Comme le régime est passé maitre dans l'art de tirer sur des manifestants désarmés, nous sommes prêts à subir le même sort. ».
 
Les prochaines heures s'annoncent donc difficiles dans la capitale économique du Cameroun où le meeting querellé est prévue pour se tenir à partir de 13 heures à l'esplanade du Stade Omnisport de Bepanda à Douala, et sera suivi d'une marche sur l'itinéraire l'esplanade du Stade Omnisport – Carrefour Agip – Marché Mboppi – Carrefour Deux Eglises – Carrefour Ancien Dalip et Salle des fêtes d'Akwa.
 
Ndam Njoya Nzoméné - Titre: AM
 
 

: Afrique Monde