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Cameroun : Violation des libertés en Barbarie. L'armée du régime violente les populations et empêche la manifestation de l'opposition.Le vieillard fainéant Biya depuis sa Suisse ne comprend toujours pas que la sieste est terminée.

2017-10-22 17:52:02 - Vivre à Douala en général, et à Douala 1er en particulier,  ce samedi 21 octobre 2017, c'était un peu comme séjourner en Barbarie ! Téléphones et caméras des tiers confisqués, leaders de l'opposition battus ou encerclés dans leurs domiciles, journalistes tabassés et leurs matériels de travail confisqués, militants de l'opposition arrêtés, populations arrosées au gaz  lacrymogène, internet coupé de 13 heures à 21 heures, … et au finish, l'enrayement dans l'œuf de la manifestation de soutien aux anglophones victimes de la répression.

Douala 1er, capitale économique du Cameroun, c'était une scène de guerre, où se déroulaient des... scènes de guerre. D'une guerre faite unilatéralement par les forces de répression commises par le pouvoir  pour neutraliser une manifestation pacifique de l'opposition.
 
Il faut dire que pour une fois, et c'est peut-être à mettre à son "actif" le pouvoir a réussi à neutraliser presque avec succès une manifestation de l'opposition, en encerclant les organisateurs de celle-ci dans leurs domiciles respectifs bien avant l'aube.
 
Même le député Jean-Michel Nintcheu  (leader régional du Social Democratic Front et organisateur de la manifestation) qui avait un temps réussi à déjouer la vigilance de ses "anges-gardiens" pour se retrouver hors de chez lui dans l'optique de rallier les manifestants qui pouvaient avoir éventuellement réussi à rejoindre le lieu du rendez-vous, a été rattrapé à quelques cinq kilomètres, copieusement brutalisé par les policiers et gendarmes auxquels il demandait que lui soi produit un mandat d'arrêt ou d'assignation quelconque, puis ramené de force chez lui comme un bambin ayant fugué.
 
A la tombée du jour, environ  200 éléments de la police, de la gendarmerie et des renseignements généraux montaient encore la garde autour de son domicile au quartier Ndogpassi, dans l'arrondissement de Douala 3ème, et faisaient face militants du SDF venus réclamer sa libération.
 
Des centaines d'autres éléments des forces de défense et de sécurité (Groupement Polyvalent d'Intervention de la Gendarmerie Nationale –GPIGN-, Equipe Spéciale d'Intervention rapide –ESIR-, Groupement Mobile d'Intervention –GMI-) qui étaient quant à eux mobilisés à Douala 1er n'ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, les manifestants éventuels n'ayant pas pu sortir de chez eux, pas plus que des rassemblements de trois personnes ne pouvaient avoir lieu en raison du travail d'intimidation fait en amont avant le lever du jour par leurs collègues, dispositifs anti-émeutes effrayant à l'appui.
 
Des militants du SDF venus exiger la libération de Jean-Michel Nintcheu, encerclé dans son propre domicile par les forces de l'ordre
 
A la limite, ils se sont si bien ennuyés que ne voyant pas de manifestant poindre à l'horizon et justifier un acte de répression plus radical, ils se sont mis à provoquer les populations en les arrosant d'eau à laquelle était mélangée du gaz lacrymogène. 
 
Des personnes qui s'étaient retranchés devant leurs domiciles pour observer cette scène de l'absurde ont été interpellés et molestés sans raison, et les plus malheureux arrêtés. C'est le cas d'un habitant du quartier New-Deido qui tentait de filmer depuis le 3ème étage d'un immeuble, à l'aide d'un smartphone, la sauvagerie policière consistant à arroser en riant les populations. Il a été aperçu de loin par un policier du GMI, qui a alerté aussitôt ses camarades. C'est quatre par quatre qu'ils ont monté les escaliers pour aller se saisir de l'impertinent, le rouer de coups devant sa famille avant de l'embarquer, non sans avoir confisqué son téléphone certains.
 
AM
 

: Afrique Monde