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Gabon : Justice aux ordres. Saisie des biens de Jean Ping

2017-10-17 01:27:17 - Flanqué d’un escadron de gendarmes cagoulés, Me Mhintcho Soufiano, huissier de Justice, a perquisitionné, le 13 octobre, le domicile Jean Ping à Libreville, en vue d’une saisie de ses biens mobiliers et immobiliers. L’affaire est liée à une amende 600 millions de francs CFA lui ayant été infligée pour diffamation, à l’issue du procès perdu contre à Hervé Patrick Opiangah  il y a plus de deux ans.

Conduite par Me Mhintcho Soufiano, un huissier de justice, une cohorte de plus de 25 éléments de gendarmerie nationale, armés, encagoulés et transportés par un camion, une Jeep et un Land Cruiser, a effectué une descente, ce 13 octobre en matinée, au domicile de Jean Ping sis au Charbonnages à Libreville. Selon le candidat à l’élection présidentielle d’aout 2016, l’huissier et les gendarmes sont «arrivés pour (lui) faire signer un acte de saisi des biens mobiliers et immobiliers».
 
 
L’affaire concerne, a expliqué Jean Ping, un procès perdu, il y a plus deux ans, contre le président de l’Union pour la démocratie et l’intégration sociale (Udis), par ailleurs conseiller du président Ali Bongo, Hervé Patrick Opiangah. En effet, après avoir été victime, le 12 janvier 2015  chez lui aux Charbonnages, de l’attaque d’un groupe de jeunes gens passé ensuite aux aveux, Jean Ping avait, lors d’une interview consécutive à cette tentative de vandalisation de son domicile, accusé Hervé Patrick Opiangah d’en être l’instigateur.
 
Lésé, le président de l’Udis avait esté en justice. A la suite d’un jugement, l’ancien président de la Commission de l’Union africaine avait été condamné pour diffamation et sommé de verser un montant de 600 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts au conseiller du chef de l’Etat. Un montant dont le recouvrement par le président de L’Udis avait débuté presqu’aussitôt, aussi bien dans les banques gabonaises que françaises. 100 à 150 millions de francs CFA ont été prélevés à cet effet.
 
Estimant n’avoir pas encore recouvré la totalité du montant, Hervé Patrick Opiangah a entrepris de commettre un huissier à la saisie des biens immobiliers et mobiliers de Jean Ping. Selon Jean Rémy Bantsantsa, l’avocat de Jean Ping, la saisie des biens mobiliers concerne l’habitation de Jean Ping, son quartier général situé également aux Charbonnages et du mobilier.
 
Une dizaine de véhicules appartement au leader de l’opposition gabonaise a également été listée. Si, dans un délai d’un mois, la somme restante n’est pas versée à Hervé Patrick Opiangah, tous ces biens seront saisis. Une pratique qualifiée d’intimidation par Jean Ping. Selon le président de la Coalition pour la nouvelle République, la spectaculaire descente a été orchestrée par un «pouvoir un aux abois placé à la tête d’un état voyou». Ayant indiqué que la descente musclée aux Charbonnages s’est faite sans mandat de réquisition de la force publique, pourtant employée à l’occasion, Jean Rémy Bantsantsa ironise et compare les 600 millions réclamés à Jean Ping aux 1000 euros (650 000 francs CFA environ) que doit payer Pierre Péan, tout récemment condamné pour diffamation aux détriment d’Ali Bongo.
 
Auteur : Jean Thimothé Kanganga - Titre: AM
 
Che Guevara
14 OCTOBRE 2017 À 11 H 20 MIN
Que dit la loi sur les peines encourues en cas de diffamation ?
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Article 284 du Code Pénal gabonais :
 
” Quiconque, hors les cas prévus aux articles 157 à 162, se rendra coupable de diffamation envers un particulier, soit par discours, cris ou menaces proférées dans des lieux ou réunions publics, soit par des imprimés vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou affiches exposés aux regards du public, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à un an et d’une amende de 24 000 à 300 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement.
La diffamation commise de la même manière envers un groupe de personnes qui appartiennent, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée sera punie d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de 50 000 à 500 000 francs lorsqu’elle aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou habitants.”
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AU GABON, CETTE AMENDE A ÉTÉ REVUE PAR UNE JUSTICE AUX ORDRES POUR PASSER A 600.000.000 F (SIX CENT MILLIONS DE FRANCS CFA). C’EST LA PEINE ENCOURUE PAR JEAN PING DANS UN PROCÈS EN DIFFAMATION CONTRE UN APPARATCHIK DU POUVOIR.
 
ÉTAT DE DROIT OU ÉTAT DE VOYOUS ?
 
RÉPONDRE
Olsen
14 OCTOBRE 2017 À 16 H 46 MIN
600 millions de dommages et interêt c’est inédit. Il n’y a qu’au GABON qu’on peut assister à des choses pareilles.
 
RÉPONDRE
aldo
14 OCTOBRE 2017 À 19 H 39 MIN
Nous sommes dans un État voyou et c’est lamentable.Chaque jour ces gens nous fond perdre la petite fierté d’être gabonais. Une amande aussi grotesque prouve quelle type de justice il y a dans ce pays,
 

: Afrique Monde