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RDC au bord de l’implosion : le gouvernement Kabila veut-il plonger le pays dans le chaos ?

2017-10-11 15:44:18 - Entre les violences des milices privées et les répressions politiques, la RDC semble bel et bien s'être enfoncée dans le chaos. Le président Kabila, impuissant sinon complice, doit céder la place.

La République démocratique du Congo (RDC) est au bord de l’implosion mettent en garde les spécialistes. L’annonce probable du report de l’élection présidentielle après 2017 fait craindre le pire dans ce pays en proie à des convulsions régulières. Elle rendrait en effet caduc l’accord de la Saint Sylvestre, signé entre le l’opposition et le gouvernement en décembre 2016, après le refus du président sortant, Joseph Kabila, de démissionner au terme de son second mandat.
 
A l’époque, cette décision avait soulevé une vague de protestations dans tout le pays et plusieurs manifestations avaient été réprimé dans le sang par le gouvernement. Pour éviter que la RDC ne sombre dans la guerre civile, l’opposition, avec l’aval de l’ONU, avait alors accordé un an de plus à Kabila, soit jusqu’en décembre 2017, pour organiser le scrutin. Un scrutin auquel il n’a pas le droit de se présenter après deux mandats présidentiels.
 
Joseph Kabila joue la montre…
 
Or, à trois mois de l’échéance, il semble peu crédible que ce calendrier puisse être honoré. D’après des sources anonymes, citées par l’agence Reuters, la commission électorale indépendante s’estime dans l’incapacité de garantir la tenue d’un scrutin sécurisé et transparent avant, au moins, fin 2018. Sans soutien actif des parties concernées, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, le calendrier électoral pourrait même être encore retardé, notamment en raison du coût de l’opération, estimé à 500 millions de dollars et à la difficulté d’enregistrer les quelques 40 millions d’électeurs congolais sur les listes électorales.
 
Cette conjoncture incertaine inquiète les observateurs et met les nerfs de l’opposition à rude épreuve. De fait, le large consensus réclamé par la commission comme un préalable à l’organisation de l’élection, semble un objectif de plus en difficile à atteindre. D’autant plus que les opposants à Kabila le soupçonnent depuis longtemps de tout faire pour retarder l’échéance afin de trouver un moyen de se présenter pour un troisième mandat, en organisant, par exemple, un référendum…
 
Le président sortant s’en défend, arguant des contraintes sécuritaires et budgétaires pour justifier le report du scrutin et son maintien à la tête de l’Etat. Mais l’opposition ne l’entend pas de cette oreille et menace désormais de faire appel à la rue s’il n’a pas quitté le pouvoir avant le 31 décembre, conformément à l’accord de la Saint Sylvestre.
 
Un « coup d’Etat institutionnel »
 
L’opposant en exil Moïse Katumbi dénonce ainsi le « coup d’Etat institutionnel » de Kabila et prévient que l’opposition ne lui accordera pas de nouveau sursis : « lI faut respecter l’accord de la Saint Sylvestre et organiser des élections avant la fin de l’année, sinon nous ferons appel à la rue conformément à l’article 64 de notre Constitution et c’est le peuple qui chassera Kabila  », a-t-il affirmé sur France 24.
 
Dans cet entretien, celui qui fait figure de président en puissance, accuse même Kabila d’attiser la violence et les tensions au sein du pays afin de justifier le « glissement » du calendrier électoral. Car depuis un an, le pays ressemble à un brasier prêt à s’enflammer. Des « journées ville morte » sont régulièrement lancées pour protester contre le maintien au pouvoir de Kabila. Certains opposants ont subi des violences policières, comme à Kinshasa au mois d’août où 65 personnes ont été tués par la police, qui s’est justifiée de « balles perdues ».
 
Plus au sud, au Kasaï, une révolte d’un chef coutumier contre les autorités administratives a dégénéré après que ce dernier a été abattu par l’armée. La province a basculé dans l’horreur à des niveaux de barbarie jamais atteints. Courant septembre, une vidéo a émergé sur les réseaux sociaux. On y voit une femme se faire violer en public par son beau-fils, lui-même contraint par les miliciens « à commettre l’inceste en public ». 
 
Par la suite, les hommes en armes les exécutent tous les deux à coups de machettes et mutilent leurs corps. Un acte insoutenable qui démontre le degré de violence inouïe et de chaos dans lequel est plongé la RDC.
 
Quelle est la responsabilité directe ou indirecte de Joseph Kabila dans ces atrocités ? Pour Moïse Katumbi, elle ne fait aucun doute : « Si le Congo avait un président légitime, la sécurité serait rétablie ».
 
par AmadouMb 
 

: Afrique Monde