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Cameroun-Présidentielle 2018:Un rêveur! Akere Muna enfin candidat,annonce la restauration du fédéralisme et promet de protéger Paul Biya.Celui-ci n'a pas compris que l'ethnie de Biya tient l'armée et l'administration?Il faut un coup d'état.

2017-10-08 18:01:28 - Figure emblématique de la lutte contre la corruption et très présents aux côtés des victimes de l'oppression et de la répression du régime autoritaire de Yaoundé, l'ancien Bâtonnier de l'Ordre des Avocats du Cameroun qui s'était réservé jusqu'ici d'affirmer ses ambitions présidentielles, quoi qu'il en ait été soupçonné très souvent, vient de dévoiler son agenda politique dans un entretien accordé à nos confrères du journal jeune Afrique.

« Oui, je suis candidat, car l'état de mon pays m'incite à vouloir faire partie de la solution », explique l'avocat qui, cité début pars toujours par Jeune Afrique, affirmait : « Sans réforme du code électoral, il est quasiment impossible de gagner. Or je n'ai pas l'habitude de me lancer dans un scrutin si je ne peux pas le remporter ». 
 
En tout cas, cet autre fils de Solomon Tandeng Muna, l'ancien président de l'Assemblée nationale du Cameroun, et non moins frère cadet de l'ancien Bâtonnier Bernard Muna, pense aujourd'hui être à la hauteur des aspirations de ses compatriotes qu'il dit être « prêts à élire un président susceptible d'améliorer leur quotidien et de ramener la fraternité entre eux ».
 
Et il en veut pour preuve que depuis deux décennies, il ait beaucoup travaillé sur la gouvernance, l'économie, mais aussi l'Etat de droit (sic), pour penser que la seule façon de partager son expérience au bénéfice des camerounais est de se présenter à l'élection à la plus haute fonction de l'Etat en 2018.
 
« ... hors de question  d'entreprendre quoi que ce soit contre lui (Paul Biya, ndlr). Je me sens une obligation, en tant qu'Africain, de le protéger (…) il faudrait une raison vraiment extraordinaire pour le poursuivre ». Akere Muna
 
Mais l'avocat, ressortissant de l'une des deux régions anglophones du Cameroun dont une bonne frange de la population réclame la sécession et l'autre le fédéralisme et se heurte à l'intransigeance et à la répression du pouvoir, tient à être clair sur le sort qui serait celui des actuels dirigeants du pays, du moins de leur chef, le président Paul Biya, s'il venait à s'adjuger la magistrature suprême : il serait « hors de question  d'entreprendre quoi que ce soit contre lui. Je me sens une obligation, en tant qu'Africain, de le protéger (…) il faudrait une raison vraiment extraordinaire pour le poursuivre »,  dit-il, non sans toutefois soutenir qu'«En ce moment troublé de notre histoire, et face aux périls qui nous menacent, il serait souhaitable que Paul Biya passe le relais ».
 
Dans le même élan de la perspective de son accession au pouvoir, il ne fait pas non plus mystère de la forme de l'Etat qui pourrait être envisagée le cas échéant :« Je choisirais la forme de l'Etat qui respecte nos différentes cultures. Je rapprocherais le pouvoir du citoyen, ce qui correspond au fédéralisme ». 
 
Des écueils insurmontables (?) tout de même sur le parcours 
 
Si l'annonce de la candidature de Me Akere Muna est très favorablement accueillie au Cameroun depuis son annonce sur les réseaux sociaux dimanche, il y a de fortes incertitudes sur l'éventualité qu'elle puisse prospérer, du moins qu'elle puisse le conduire d'ici à octobre 2018, au très fascinant palais de l'Unité (siège de la présidence de la république) de Yaoundé. Car outre le système électoral taillée sur mesure pour garantir le succès en tous temps de l'actuel président, il y a l'administration et la justice chargées de la gestion des élections mais maladivement inféodées au partir au pouvoir ou plutôt au président Paul Biya, qui sont des impedimenta de taille pour les opposants candidats à la prestigieuse fonction. 
 
Et comme si cela ne suffisait pas, il y a une telle profusion de candidatures (des plus loufoques –nombreuses- aux plus sérieuses –qui se comptent sur les doigts d'une main-) à cette élection qui ne se fait qu'à un seul tour, permettant ainsi au président sortant de l'emporter, même s'il ne récolte que 5% des suffrages, l'essentiel étant qu'il devance, ne serait-ce que d'un micron, le candidat arrivé en deuxième position. Ce qui est d'ailleurs impensable, car malgré l'extrême impopularité  du très absent président camerounais et de son parti, toutes les élections tenues jusqu'ici au Cameroun se sont soldés miraculeusement par sa victoire haut la main, avec des scores qui défient toute logique.
 
Bien plus, blasées par le fait que les opposants se comportent au Cameroun comme des coépouses envieuses les unes des autres au sein du harem de Paul Biya, les populations qui se disent profondément déçus par la gestion du pays depuis 35 ans par l'actuel régime, affirment cependant de plus en plus leur volonté de ne pas prendre une part active à l'élection présidentielle de 2018 si les opposants –"qui comptent"- ne s'entendent pas autour d'un candidat unique qui les représenterait face au président sortant et aux faiseurs de diversion travaillant pour le compte de celui-ci, qui ne manqueront pas d'être au rendez-vous.
 
Là encore, c'est une autre paire de manche, l'opposition camerounaise étant constituée de grosses têtes qui voient chacune, le soleil se lever à ses seuls pieds et se coucher dans… son ventre ! Tous les autres n'étant que "non-entity". Ce qui amène un observateur à s'interroger : "Que vient faire le respectable Me Muna dans cette arène bordélique, si ce n'est pas pour venir prendre une couche de crasse ?"
 
Mais qui vivra verra !
 
Ndam Njoya Nzoméné - Titre ; AM
 
 

: Afrique Monde