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Cour Pénale pour Indigènes : Spectaculaire rétractation du Général Mangou à la CPI ( le Président Gbagbo n'est pas à sa place ici à la CPI.)

 « La vérité finit toujours par triompher », a-t-on coutume de dire. L'adage continue de se vérifier avec le passage devant la CPI des témoins –à charge contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé- de la crise postélectorale ivoirienne, dont les déclarations, aussi rocambolesques les unes que les autres, conduisent toutes à la même conclusion : ce ne sont pas les deux personnalités détenues depuis respectivement six ans et trois ans qui devaient être en prison ; Ou à tout le moins, leur place ne s'y trouve pas.

Dans un subit et éphémère accès de lucidité, le Général Mangou, passé dans le camp de Ouattara s'est laissé aller à l'admettre.

Selon le général Philippe Mangou, ancien chef d'état-major de l'armée ivoirienne,  qui en était jeudi à sa huitième déposition devant la CPI, l'ancien président Laurent Gbagbo contre qui sont téléguidés ses témoignages depuis Abidjan (CPI) n'a "pas sa place" en prison.
 
Bien plus, l'officier général de l'armée ivoirienne qui a été gratifié depuis du strapontin d'ambassadeur de Alassane Ouattara au Gabon, a insisté, au moment où son interrogatoire était mené de main de maître par Mes Claver N'dry et Josette Kadji, avocats de l'ancien ministre Charles Blé Goudé, pour que la Cour et l'opinion retiennent qu'il était redevable vis-à-vis de Laurent Gbagbo qu'il contribue paradoxalement à vouer aux gémonies aujourd'hui.
 
« Je suis reconnaissant au président. C'est pour cela que j'ai lutté de toutes mes forces pour qu'aujourd'hui on ne voit pas le président assis ici. Ce n'est pas sa place. Ce n'est pas sa place et j'ai lutté de toutes mes forces », a-t-il affirmé comme secoué par un esprit au-dessus de ses forces.
 
On retiendra aussi des déclarations du Général-témoin-à-charge Mangou, que loin d'être le va-t-en-guerre que la France Sarkozienne, ses suppôts locaux en Côte d'Ivoire et autres chefs d'Etats collaborationnistes d'Afrique de l'Ouest ont présenté à l'époque, Laurent Gbagbo aura toujours été un homme de paix, prêt à tous les compromis, même les plus amers, pour éviter l'implosion de son pays et le bain de sang. Mais qu'en revanche, il avait autour de lui des faucons, qui ont eu beau jeu de jouer les colombes dès lors qu'ils ont senti que la force du colon et conquérant français ainsi que de l'ennemi intérieur était supérieur à celle des forces loyales aux dirigeants légitimes et légaux de Côte d'ivoire.  
 

 
« A chaque étape du processus (de sortie de la crise militaro-politique,ndlr), j'ai dit au président, n'allons pas aux élections, nos frères au nord sont encore en armes, en lui rappelant l'exemple congolais », a-t-il fait savoir, non sans s'insurger contre le fait que l'on ait mis à l'écart les militaires  du camp gouvernemental lors du Dialogue direct à Ouagadougou, alors que les ténors du camp adverse participant comprenaient parmi leurs membres des hommes en armes : « Aucun militaire n'était à ces discussions et on a pris des décisions nous concernant qui étaient difficiles à appliquer…  beaucoup d'erreurs ont été commises ».
 
Dans la même veine des révélations démontrant malgré Philippe Mangou  que Laurent Gbagbo n'avait pas sa place à la Haye, le témoin a fait savoir jeudi que les éléments du "Commando Invisible", une milice dirigée pendant la crise ivoirienne et pour le compte de Alassane Ouattara par  le sergent Ibrahima Coulibaly alias "IB", « tiraient au mortier en zone urbaine », selon des rapports qui lui ont été faits par le général Détoh Létho, commandant des forces terrestres à l'époque.
 
D'autres révélations croustillantes du général sont attendues à partir du 11 octobre, date de la reprise de son audition, ainsi qu'en a décidé le juge-président, Cuno Jakob Tarfusser.
 
Ndam Njoya Nzoméné
 
 

: Afrique Monde