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Cameroun- Crise anglophone : Okalia Bilai (gouverneur du Sud-ouest et serviteur du fainéant Paul Biya) traite les manifestants anglophones de chiens

 Avec Issa Tchiroma, le folklorique ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Cameroun, les camerounais croyaient avaient fait le tour en matière de personnages zélés. Ils vont devoir se raviser, avec la montée en puissance dans le genre manifestation de zèle doublée de je-m'en-foutisme du gouverneur francophone de la région anglophone du Sud-ouest, Okalia Bilaï Bernard. 

Dans une sortie réactionnaire, vendredi, l'inconséquent chef de terre qui avait certes toutes les bonnes raisons d'être mécontent, n'a pas hésité à montrer combien il en avait entre les jambes et à donner aux séparatistes anglophones plus de raison de persévérer dans leur démarche que de revenir à de meilleurs sentiments comme le souhaitent la plupart des populations de ce pays, en traitant de "chiens", des personnes descendues dans la rue pour revendiquer la libération de leurs proches.  
 
 « Nous n'allons pas continuer de tolérer que les bénéficiaires qui sont ces populations continuent de détruire. Que chacun descende dans sa famille, dans son village arrêter son chien. Si les chiens continuent  à aller dans la rue pour mordre, c'est-à-dire détruire, ils vont rencontrer les forces de sécurité ».
 
 
C'est en ces mots que le gouverneur de la région du Sud-ouest a réagi aux manifestations des anglophones qui réclamaient vendredi la libération de leurs proches maintenus en détention malgré la décision très saluée du président camerounais qui, dans le but de faciliter la solution de la crise anglophone qui s'enlise depuis bientôt un an,  a pris le 30 août dernier un décret  mettant en liberté les leaders des revendications anglophones et les personnes impliquées dans les manifestations de novembre-décembre 2016 qui avaient violemment dégénéré.
 
Une grand-mère qui a manifesté vendredi pour la libération des anglophones encore détenus fait partie de ceux que Okalia Bilai considère comme des chiens
 
« Chiens » ! C'est la pire injure que l'on puisse adresser à un être humain. Et il faut q notoirement mal élevé pour laisser cette injure franchir ses lèvres. Mais le gouverneur de la région du Sud-ouest l'a osé. Il l'a même fait avec insistance. Dans un pays normal, il aurait été dégommé aussitôt faite sa déclaration traitant de "chiens"  les manifestants anglophones. Mais il l'a fait au Cameroun, un pays extraordinaire, où il pourrait même bénéficier d'une promotion au saint des saints : le gouvernement.
 
Avec de tels propos incendiaires  dignes des régimes fascistes, mais indignes d'une personnalité de ce rang, qui plus est aspire –ce qui est tout à fait légitime- à des responsabilités plus élevées encore,  on ne peut plus continuer de s'étonner que les anglophones se sentent maltraités au Cameroun au point de pousser aussi loin le bouchon de la surenchère, comme ils le font depuis un certain temps à travers des revendications pouvant mettre à mal l'intégrité territoriale du Cameroun. Tout comme il faudra finir par convenir qu'il n'y a pas de commune mesure entre des manifestants qui arrachent des drapeaux et en hissent ceux d'un pays imaginaire, et un gouvernement qui ne peut pas résoudre une crise sans tuer des êtres humains, comme cela a encore été le cas vendredi à Buea. 
 

 

Une grand-mère parmi les "chiens"... Anglophones 
 
Question à un sou symbolique : que se serait-il passé vendredi au Cameroun si Okalia Bilaï Bernard n'était pas seulement gouverneur, mais ministre de la police ou des forces armées ? La réponse va de soi : il aurait déployé chars et orgues de Staline pour exterminer ces « chiens » mordeurs, pour la simple raison -comme il l'a expliqué avant de proférer ses menaces- que « Très tôt ce matin, au petit matin, il y a des groupes de gens qui marchaient dans les rues, se dirigeaient vers les services publics pour les attaquer, les bureaux des sous-préfets, des préfets, les postes de gendarmerie et de police,  ils arrachaient des drapeaux de la République pour hisser des morceaux de tissu qu'ils brandissaient comme étant des drapeaux de je ne sais où. Les forces de sécurité sont intervenues et se sont interposées. Elles ont subi beaucoup de violences, beaucoup d'attaques de ces assaillants ».
 
Ndam Njoya Nzoméné
 
 
 

: Afrique Monde