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Corée du Nord : Personne ne peut intercepter les missiles balistiques de Kim Jong-un

2017-09-23 22:11:28 - Deux missiles balistiques lancés par Pyongyang, ont survolé le territoire du Japon. Pourquoi Tokyo ne les intercepte-t-il pas ? Les officiels disent que ces missiles ne sont pas dangereux, mais cela ne semble guère convaincant. Les intercepter serait une coup de propagande et une manœuvre excellents pour intimider Kim.
 
Des excuses peu convaincantes
 
Le 29 août et le 15 septembre, Pyongyang a procédé à deux lancements de missiles balistiques Hwasong-12. Survolant le territoire japonais, ils sont tombés dans l'océan Pacifique, à environ 2000 kilomètres du cap Erimo de l’île japonaise de Hokkaido. Les déclarations belliqueuses du chef du Pentagone, James Mattis, qui a prétendu que les États-Unis abattraient les missiles balistiques de la RPDC, même s'ils ne constituaient aucune menace pour le territoire des États-Unis, semblent avoir été oubliées.
 
Les Japonais ont l’air troublé. Le secrétaire en chef du cabinet japonais, Yoshihide Suga, a déclaré : « Nous ne l'avons pas intercepté (le missile), parce que nous ne nous attendions à aucun dommage sur le territoire japonais. » Seulement, cette déclaration a l’air d’une tentative peu convainquante visant à justifier l'inaction. Le système d'alarme s’est déclenché pour la population, et les gens se sont précipités dans les sous-sols et les abris. Les gens commenceront-ils à poser des questions au gouvernement après une ou deux alertes de ce genre ?
 
Pourquoi personne n'intercepte les missiles nord-coréens
 
Des experts occidentaux ont essayé d'expliquer ce qui se passe. Joe Cirincione, expert ès armes nucléaires, a dit à Defense One, qu'en volant au-dessus du Japon, le missile traverse l’espace à 770 kilomètres d'altitude. Le complexe Patriot-PAK3, qui est situé sur l'île de Hokkaido, est conçu uniquement pour détruire les ogives en phase de plongée sur leur objectif. L'expert imagine que l'on pourrait tenter de neutraliser les missiles nord-coréens au moment où ils décollent, mais il faudrait faire appel aux systèmes Aegis situés en mer, et il faudrait les positionner très près du rivage nord-coréen. Même dans ce cas, les antimissiles n'auraient qu'une minute ou deux pour réussir l’interception.
 
Lance Gatling, expert ès armes de Nexial Research installé à Tokyo, partage le même point de vue. Le missile survolait le Japon à très haute altitude et à très grande vitesse. À l’altitude d'environ 550 kilomètres au-dessus de Hokkaido, le missile était tout juste à portée du SM-3 (intercepteurs navals japonais). Quant au système Aegis, a dit l'expert à Deutsche Welle, il aurait été censé se trouver à un moment exact en un lieu précis, pour être capable de tirer sur le missile nord-coréen.
 
La partie continentale des États-Unis est protégée par le complexe Midcourse Defense basé au sol. Ce système est capable d’intercepter des missiles dans l'espace, mais il n'a touché que la moitié des cibles lors des essais. Enfin, il y a eu une explication évidente : Dans le droit international, l'espace n'est rattaché à aucun pays.
 
Bien que le lancement d'un missile au-dessus du territoire d'un autre pays soit un geste hostile et illégal, les conséquences d'une interception ratée seraient immenses, estime Gatling. Tokyo a lourdement investi dans le développement de son système de défense antimissile. Les Japonais excluent de rater l’opération à ce stade, car les Nord-coréens croiraient encore plus à l'invulnérabilité de leurs missiles.
 
Des experts russes ont suggéré ceci : Si les Étasuniens lançaient leurs missiles intercepteurs Aegis pour détruire les missiles nord-coréens au décollage, les missiles partiraient vers le territoire russe, et il faudrait les intercepter au-dessus des eaux territoriales russes.
 
« Ce point de vue est peu professionnel », a dit à Pravda.Ru Konstantin Sivkov, correspondant membre de l'Académie russe des sciences des missiles et de l'artillerie. La trajectoire générale du vol de l'antimissile s’écarterait du territoire russe, plutôt qu’irait vers lui, puisque l’antimissile suivrait le missile balistique, a-t-il expliqué.
 
Selon Konstantin Sivkov, « La vitesse du missile intercepteur Aegis Standard-3 tourne autour de quatre kilomètres/seconde. Après le départ, le missile nord-coréen atteint cette vitesse littéralement en quelques secondes. Les missiles nord-coréens décollent de la partie centrale de la péninsule. Aussi, le système Aegis doit détecter le lancement et ensuite poursuivre ces missiles. Pour réaliser cela, il faut placer le système Aegis à tout au plus 50 à 100 kilomètres de sa cible potentielle. »
 
Comme nous le voyons, Kim Jong-Un ne risque rien en tirant ses missiles. Il continuera à le faire jusqu'à ce que quelqu'un soit porte un coup préventif sur Pyongyang, soit s’installe à la table des négociations avec Kim. Comme les Nord-coréens sont en situation d'isolement international depuis belle lurette, les sanctions économiques n'aideront pas [, ils y sont habitués].
 
Pravda.Ru, Lyuba Stepushova, 22 septembre 2017
 

 

: Afrique Monde