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RDC : L'ONU met Kabila en garde contre toute menace à la sécurité de l'opposant Moïse Katumbi

 2017-06-17 17:10:29 - Après plus d'un an d'exil, Moise Katumbi qui a quitté la république démocratique du Congo en mai 2016, a annoncé vendredi, à travers le cabinet de son avocat parisien, son retour « imminent » au pays.

Ce n'est pas la première fois que cet ancien gouverneur du Katanga annonce son retour au pays. Après le décès le 1er février dernier à Bruxelles, du leader de l'opposition, Etienne Tshisekedi, Moïse Katumbi avait affirmé qu'il reviendrait en RDC avec la dépouille de la figure emblématique de l'opposition congolaise.
 
A l'époque, beaucoup craignaient pour sa sécurité, en raison des menaces d'arrestation que les autorités kinoises faisaient peser sur sa personne, et qui laissaient à penser que tout serait fait pour l'empêcher d'être candidat à l'élection présidentielle prévue pour avant la fin de l'année.
 
Manifestement, la donne a changé, et très radicalement d'ailleurs.
 
On se souvient que début juin, Moise Katumbi avait déposé une plainte contre le gouvernement congolais, auprès du Haut Commissariat aux Droits de l'Homme à Genève, l'accusant de tout faire pour l'empêcher de se présenter à l'élection présidentielle.
 
C'est donc fort de cela que le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme a adressé aux autorités congolaises une lettre datée du 13 juin dernier, dans laquelle il leur est rappelé le devoir de « garantir (à Katumbi, ndlr) son droit à la liberté et à la sécurité en le protégeant contre toute forme d'arrestation ».
 
Le Haut Commissariat des Nations Unies exige en outre que soient prises par le régime de Joseph Kabila, « toutes les mesures nécessaires en vue d'assurer que l'auteur (de la plainte sus évoquée, ndlr) puisse rentrer (…) et participer librement et en toute sécurité, en tant que candidat, aux élections présidentielles prévues pour la fin 2017 ».
 
Longtemps proche du "Tsar" congolais, Moise Katumbi, était devenu depuis un certain l'homme à abattre du régime qui a multiplié des manœuvres pour le mettre hors d'Etat de nuire (condamnation par contumace dans plusieurs affaires, arrestations et condamnations de ses proches et alliés politiques).
 
Des manœuvres qui n'ont pas laissé indifférente la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco) sous l'égide de laquelle se sont tenus les pourparlers, ayant débouché sur les accords dits "de la Saint Sylvestre" en 2016. La Cenco avait alors qualifié de « mascarade » et de « règlement de comptes politique » les actions judiciaires contre Katumbi, et demandé à Kabila de le laisser revenir et vivre au pays en « homme libre ». 
 
Depuis le décès de Tshisekedi, Katumbi est pressenti pour prendre la tête de l'opposition, même s'il est vrai que dans les rangs de celle-ci, le pouvoir en place fait des pieds et des mains pour susciter des dissidences, question de la diviser pour mieux régner.
 
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde