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Madagascar : Kidnappings, insécurité, grèves. Le régime HVM totalement débordé

2017-06-10 12:57:21 - Le président Hery Rajaonarimampianina devrait prendre des mesures fermes pour régler les foyers de tension qui risquent de porter atteinte à l’image de la Nation.

K.O. debout. C’est ainsi que l’on peut qualifier l’état actuel du « gouvernement de combat » mis en place pour lutter contre l’insécurité et pour mettre en œuvre les actions au développement. Si l’on se réfère aux réalités socioéconomiques actuelles, cette équipe gouvernementale a perdu son… combat. Elle semble dépassée par les évènements. 
Incapable d’apporter des solutions concrètes face à la recrudescence de l’insécurité aussi bien dans les grandes villes que dans les brousses, l’inflation généralisée et les grèves syndicales qui commencent à prendre de l’ampleur, le régime HVM semble totalement débordé. Aux yeux de bon nombre d’observateurs, l’Exécutif en général et les ministères responsables de la Sécurité en particulier ne disposent d’aucune stratégie pour mettre fin aux séries de kidnappings qui sont en train de devenir monnaie courante.
 
Pas plus tard que jeudi dernier, alors que le fils d’un milliardaire « karana » enlevé à Ilafy le 14 mai dernier venait d’être libéré par ses ravisseurs, un autre opérateur économique « karana » a encore été kidnappé à Behoririka par quatre hommes armés de kalachnikovs et de pistolets automatiques. Les faits se sont déroulés au vu et au su de nombreux témoins. D’ailleurs, les images des vidéos de surveillance montrent bien que ceux qui aient commis cet enlèvement sont très habiles et ont certainement reçu de bonnes formations pour mener ce genre d’opération. Apparemment, ils ont mis en œuvre une tactique bien étudiée pour réussir leur coup.
 
Aveu d’impuissance. Au lieu de prendre leurs responsabilités, les forces de sécurité préfèrent se réfugier derrière le fait que les proches des victimes n’ont pas déposé plainte. Nul n’ignore pourtant que la mission des forces de l’ordre est de veiller sur le maintien de l’ordre et la sécurité des biens et des personnes. Ils sont payés pour cela. Ce genre de déclaration peut donc être considéré comme un aveu d’impuissance. Faut-il rappeler que lors de l’affaire Yanish Ismaël, les forces de l’ordre ont reconnu qu’ils n’ont appris la libération de ce jeune « karana » que par l’intermédiaire des médias. Lors du Conseil du gouvernement qui s’est tenu le 6 juin dernier à Mahazoarivo, le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana a ordonné aux trois ministres responsables de la sécurité de « boucler dans les plus brefs délais les besoins financiers requis par la série d’opérations spécifiques (opérations, patrouilles, traques…) que les forces de sécurité vont incessamment mener dans le cadre de la lutte contre l’insécurité grandissante minant la vie de la Nation ».
 
Selon le communiqué, « Un budget conséquent va être alloué à ces trois départements pour leur permettre de mener, comme il se doit et d’une manière régulière, ces opérations spécifiques dont l’aboutissement final sera de mettre un cran d’arrêt à cette spirale de l’insécurité, urbaine comme rurale ». Cette consigne confirme que jusqu’ici, le régime HVM ne dispose pas encore de stratégie pour lutter contre cette insécurité grandissante. En attendant le coup d’envoi de ces « opérations spécifiques », les Malgaches vont encore devoir s’organiser eux-mêmes pour faire face aux attaques à main armée et aux kidnappings.
 
« Tip top ». Le régime est également débordé face aux revendications syndicales de ces derniers temps. Pour ne citer que les revendications des enseignants-chercheurs, celles des employés des Douanes, celles du Syndicat des greffiers et celles du Syndicat des Magistrats de Madagascar. Incapable de résoudre ces problèmes par des solutions concrètes, le « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara » préfère favoriser les solutions « tip top » visant à manipuler certains membres des Corps en grève pour favoriser la scission et de mater ainsi le mouvement.
 
Nul n’ignore pourtant que ce genre de stratégie qui a toujours été utilisé par les différents régimes, ne fait que renforcer les malaises au sein de l’Administration. Pour ce qui est du Syndicat des Magistrats, aucune entente n’a été trouvée avec le régime à l’issue des deux jours de cessation d’activités. Fanirisoa Ernaivo, présidente du SMM a déjà annoncé qu’à cause de la sourde oreille des tenants du pouvoir, le mouvement va se radicaliser. Les magistrats prévoient désormais de s’attaquer à tous ceux qui n’ont pas respecté la loi, notamment dans les affaires Claudine Razaimamonjy, Riana Andriamandavy et Ampanihy. Quoi qu’il en soit, le président Hery Rajaonarimampianina devrait faire preuve de fermeté envers les ministres défaillants, par rapport notamment à ces différents foyers de tension et face à l’insécurité grandissante qui risque de provoquer la fuite des investisseurs étrangers.
 
Davis R

: Afrique Monde