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Cameroun : Citation à comparaître des évêques anglophones : Le président de la Conférence Episcopale du Cameroun contrattaque et dénonce l'acharnement… politique

2017-04-19 02:52:48 Le président de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun (CENC), Monseigneur Samuel Kleda a de la peine à avaler la convocation par la justice camerounaise de ses collègues de la Province Ecclésiastique du Nord-ouest, qui devront répondre de 7 chefs d'accusations aussi invraisemblables qu'absurdes, et dont la moins grotesque n'est pas celle d'incitation à la grève… des élèves inscrits dans les établissements de l'enseignement privé catholique.

 Scandalisé par cette démarche qui pue la manipulation politicienne à mille lieues, Mgr Samuel Kleda qui est par ailleurs Archevêque de Douala, demande pourquoi les auteurs de la plainte contre les évêques et responsables des établissements catholiques n'ont pas aussi traîné en justice les responsables des écoles et collèges privés de la région du Nord-ouest où les cours n'ont toujours pas repris depuis le 07 juillet 2017, date de la rentrée scolaire du 2ème trimestre.
 
Une situation qui a prévalu jusqu'à hier, lundi 17 avril, date la rentrée du 3ème trimestre. Bien entendu, les raisons de la fermeture des établissements publics dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest sont les mêmes  que celles des écoles privées, qu'elles soient laïques ou confessionnelles) : l'instabilité sociopolitique née des revendications corporatistes des enseignants et avocats francophones qui s'est radicalisée après la violente répression des manifestations pacifiques par les forces armées et de police gouvernementales.
 
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Dans sa réaction diffusée sur les ondes de la station de radio privée "Equinoxe", l'Archevêque métropolitain de la capitale économique du Cameroun rappeler ce que tout le monde sait d'ailleurs déjà, à savoir qu'aucun homme de Dieu n'est responsable de la fermeture des écoles observées à Bamenda dans la région du Nord-ouest. Surtout que malgré l'absence des enseignants et des élèves, les établissements scolaires dont les responsables sont aussi incriminés par le "consortium" (Sacred Heart College de Mankon, Saint Bede's Colege d'Ashing-Kom, et Our Lady of Lourdes de Mankon) dont les personnels directoriaux sont actifs en permanence, sont toujours restés ouverts pour le cas où…        
 
Pressions financière et politique pour museler des prêtres impertinents ? 
 
Le prélat n'est pas le seul à douter de l'opportunité et de la justesse de la traduction en justice de ses confrères par le soi-disant "Consortium des parents d'élèves" qui ne serait constitué, soit dit en passant, que de deux officiers de l'armée camerounaise manifestement instrumentalisés. Pour Maître Richard Nde, l'avocat des prêtres accusés, le dossier d'accusation est vide et les évêques n'ont rien à se reprocher : « Le procès pour moi est un peu politique parce qu'au fond on a rien dans nos dossiers. Il n'y a rien de concret. Il n'y a que l'intérêt de l'argent et l'aspect politique (...). ».
 
Certainement faut-il se tourner du côté des relations exécrables que le régime de Yaoundé entretient avec le clergé camerounais, dont des figures de proue à l'instar du Cardinal Christian Tumi, (Archevêque émérite de Douala), Mgrs Samuel Kleda, George Nkuo, Evêque de Kumbo et Président de la Conférence Episcopale  de Bamenda, Cornelius Fontem Esua, Archevêque de Bamenda, Immanuel Bushu, Evêque de Buea, Andrew Nke, Evêque de Mamfe ou encore Agapitus Nfon, Evêque  de Kumba… sont généralement pointés du doigt comme des "opposants". Même si parmi eux, il est vrai, on trouve aussi des prélats plutôt bien disposés  à l'égard du "guide éclairé" national. 
 
Certainement faut-il se tourner du côté des relations exécrables que le régime de Yaoundé entretient avec le clergé camerounais, dont des figures de proue à l'instar du Cardinal Christian Tumi, (Archevêque émérite de Douala), Mgrs Samuel Kleda, George Nkuo, Evêque de Kumbo et Président de la Conférence Episcopale  de Bamenda, Cornelius Fontem Esua, Archevêque de Bamenda, Immanuel Bushu, Evêque de Buea, Andrew Nke, Evêque de Mamfe ou encore Agapitus Nfon, Evêque  de Kumba… sont généralement pointés du doigt comme des "opposants".
 
A titre d'illustration, il y a quatre mois, au tout début du déclenchement de la crise dans les régions anglophones, alors que la propagande gouvernementale animée par le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, faisait valoir que les problèmes posés par certains leaders anglophones étaient le fruit de leurs fantasmes, les évêques anglophones "mal pensants" avaient commis un mémorandum à l'intention du président de la République, dans lequel ils évoquaient la « francophonisation » du sous-système éducatif anglais et du système de common law, l'inondation des institutions éducatives et juridiques anglophones avec des Camerounais francophones qui ne comprennent ni notre sous-système éducatif ni la common law anglais ».
 
Autant de choses qui, diront-ils, minent l'éducation et le patrimoine juridique anglophones et subvertissent les intentions originales des fondateurs de la nation pour construire une nation biculturelle,  respectueuse de la spécificité de chaque région. 
 
Pour eux, c'était là « la cause des grèves actuelles des avocats et des professeurs de common law », de même que « l'exclusion des anglophones qualifiés dans les écoles professionnelles publiques (en particulier les écoles d'administration, de médecine et de sciences médicales et de formation des enseignants supérieurs), y compris dans les régions anglophones », constituaient des exemples flagrants de cette marginalisation… institutionnalisée dénoncée par les syndicats des enseignants et des avocats.
 
Il y a quatre mois, au tout début du déclenchement de la crise dans les régions anglophones, alors que la propagande gouvernementale animée par le ministre de la Communication, Issa Tchiroma, faisait valoir que les problèmes posés par certains leaders anglophones étaient le fruit de leurs fantasmes, les évêques anglophones "mal pensants" avaient commis un mémorandum à l'intention du président de la République, dans lequel ils évoquaient la « francophonisation » du sous-système éducatif anglais et du système de common law, l'inondation des institutions éducatives et juridiques anglophones avec des Camerounais francophones qui ne comprennent ni notre sous-système éducatif ni la common law anglais »
 
En février dernier, au moment où le gouvernement se démenait pour que les élèves reprennent le chemin de l'école, la conférence épiscopale de la province de Bamenda avait encore fait une sortie à travers un communiqué dans lequel elle expliquait que l'arrêt de travail [dans les établissements scolaires] était symptomatique d'une profonde crise « sociopolitique », et que les arrestations, la torture et la coupure d'internet avaient aggravé la situation.
 
Le temps est-il venu de leur faire payer ces nombreuses outrecuidances vis-à-vis d'un régime dont le chef a ses entrées chez le  Pape ? De nombreux observateurs pensent que oui.
Et vogue la galère ! 
 
Ndam Njoya Nzoméné
 
 

: Afrique Monde