Nombre total de visites : 3355615
Aujourd'hui : 537
En ligne actuellement : 6

France : Assurance chômage,ce que vous réserve l'accord entre patronat et syndicats

2017-03-31 02:33:00 - Soucieuses de contenir le déficit de l'Unédic, organisations patronales et syndicats de salariés - à l'exception de la CGT - ont prévu d'économiser lors d'ultimes négociations 900 millions d'euros sur les allocations des chômeurs. Les séniors et les travailleurs cumulant activité et indemnisation seront les plus affectés.

La décrue du chômage n’est pas encore franche. Mais les partenaires sociaux qui veulent prévenir une reprise en main par l’Etat de l’assurance chômage (déficit prévu en 2016, 3,6 milliards d’euros), voulue notamment par Emmanuel Macron, ont résolu mardi 28 mars - à l’exception de la CGT - d’économiser près de 900 millions d’euros annuels sur les prestations versées aux demandeurs d’emplois. Le patronat acceptant toutefois, dans le même temps, une hausse de 0,05% des cotisations versées par les employeurs sur une durée de trois ans; laquelle devrait rapporter 270 millions d’euros l’an à l’Unédic.
 
Les principaux perdants de cet accord de raison - jugé « équilibré et équitable » par Véronique Descaq, la numéro 2 de la CFDT, « courageux et responsable » par Alexandre Saubot le négociateur du Medef - seront les demandeurs d’emploi séniors de 50 à 53 ans qui seront désormais indemnisés 24 mois comme tous les autres chômeurs, contre 36 précédemment. Tout en étant gratifiés, lot de consolation utile, de 500 heures de formation sur leur compte personnel CPA. Les privés d’emploi entre 53 et 55 ans bénéficieront eux, grâce à Force ouvrière qui les a défendus, de trois années d’allocation s’ils s’engagent dans une formation de six mois. Les prestations des plus de 55 ans ne changeront pas.
 
Deuxième source d’économie dont se félicite le Medef pour l'Unédic : la modification des règles de calcul du salaire journalier qui permettaient à quelques actifs (parfois en cheville avec leur employeur) d’optimiser périodes d’activité et d’indemnisation, afin de disposer de plus de revenus que s’ils travaillaient continûment sur la période.

Accord sur la surtaxation des contrats courts
 
Sur le sujet âprement discuté de la surtaxation des contrats courts, le Medef obtient en revanche des syndicats qui devraient signer la nouvelle convention (CFDT FO CFE-CGC et Force Ouvrière), un changement d’attitude à 180 degrés. Ainsi, nationalement, les maigres surtaxations sur les CDD et l’intérim instaurées en 2013, et qui n’ont pas enrayé l’explosion des engagements de moins de trois mois, notamment dans les maisons de retraite, seront abandonnées. A l’exception toutefois de celles pesant sur les CDD d’usage, toujours surtaxés pendant au moins 18 mois. La surtaxation éventuelle des contrats courts sera à l'avenir abordée dans les branches, et jugées au résultat. Oubliée au passage également, l’idée d’un système de bonus pour les entreprises embauchant en CDI et de malus pour les forcenés du CDD. Et pour cause : les CDD très courts étant concentrés dans quelques secteurs, les "bonus" à distribuer auraient été bien plus coûteux que les rentrées en « malus ». Enfin, pour satisfaire tout particulièrement la CFE-CGC, le Medef et la CFDT ont accepté de réduire légèrement le différé d'indemnisation qui pénalise tout particulièrement les cadres touchant des indemnités élevées.
 
Par Laurence Dequay

: Afrique Monde