Nombre total de visites : 3328680
Aujourd'hui : 187
En ligne actuellement : 2

France : À Metz, Marine plutôt que Fillon ( vidéo )

2017-03-19 01:17:26 - Dans les travées des arènes de Metz, où Marine Le Pen tenait un meeting, nous avons rencontré militants et sympathisants LR. Des déçus de Fillon et Sarkozy.

À chaque phrase de Marine Le Pen, il trépigne sur son siège. ll approuve tout ou presque, applaudissant de toute la force de ses mains de carreleur. Lui, c'est Thierry, 62 ans. Depuis une vingtaine d'années, il dirige une entreprise de petits travaux près de Metz et jure n'avoir embauché « que des Français ». « Chez moi, c'est la France aux Français », assure-t-il. Il n'a d'yeux que pour Marine Le Pen, « seulement depuis quelques mois ». « C'est l'affaire Fillon qui m'a ouvert les yeux », raconte le moustachu. « J'ai toujours voté UMP ou Les Républicains. 
 
Je suis même encarté ! Je n'aimais pas trop Sarkozy, mais il avait de la gueule. Avec Fillon, j'ai cru à un changement, à un retour de la vraie droite, celle qui veut remettre de l'ordre dans le pays. Comme avant. Il faut croire que je me suis planté. » À sa droite, son épouse ajoute : « Je lui ai acheté Le Canard enchaîné pour qu'il comprenne que Fillon ne valait pas mieux que les autres. Maintenant, chez nous, c'est Marine plutôt que Fillon ! »
 
Au fil des rencontres dans les travées des arènes de Metz, où la candidate du Front national tenait un meeting samedi, on peut croiser une vingtaine de ces sympathisants et adhérents Les Républicains. Et, à en croire Thierry et sa femme, ils sont nombreux dans ce cas : « Faut pas croire, les gens qui votent à droite comme nous ne vont pas se faire avoir par un gars qui magouille comme Fillon ! Non, des comme ça, on n'en veut plus. On va être nombreux à droite à voter Marine Le Pen, vous allez voir ! » Et quand on leur signale que la candidate du Front national doit faire face, elle aussi, aux affaires, Thierry balaie l'argument : « C'est la moins pire. »
 
« L'électorat de droite ne s'assume pas »
 
À l'autre bout de la salle, dans les premiers rangs, Mélanie et Anthony sont venus « entre frère et sœur ». En 2012, Mélanie et ses parents ont voté Nicolas Sarkozy. « Ils votent à droite depuis un bon moment, mais là ils vont changer », raconte le petit frère, qui met un bulletin FN dans l'urne depuis qu'il en a le droit, et a adhéré au parti « il y a un mois ». « Fillon, il ne m'intéresse vraiment pas. Ce n'est pas très nouveau, vous comprenez. Ça fait un peu vieille France. Marine, elle, on ne l'a jamais vue au pouvoir. »
 
« C'est notre boulot qui compte »
 
Sa sœur de 25 ans hoche la tête : « Je ne vais pas donner ma voix à Fillon au premier tour, à quoi ça sert ? Il va perdre, tout son électorat s'en va. » Pourtant, elle se dit certaine que la candidate frontiste « ne gagnera pas l'élection. Au deuxième tour, les Français vont retourner leur veste et voter Macron… Même ceux qui ont voté FN au premier tour. L'électorat de droite ne s'assume pas. Il n'assume pas que seule Marine Le Pen peut faire gagner la droite. » Agent de production en boulangerie, elle espère que la candidate frontiste « mettra le paquet dans l'emploi des Français. Fillon, il va s'occuper de ses amis politiques, de Bruxelles, des grands patrons d'Axa, etc. Non, là, c'est notre boulot qui compte ! »
 
À la tribune, Marine Le Pen n'a pas hésité à s'attaquer au gouvernement en s'appuyant sur l'actualité du jour : l'attaque de militaires par un homme à Orly. Face au terrorisme, « notre gouvernement est dépassé, ahuri, tétanisé, comme un lapin dans les phares d'une voiture », a-t-elle lancé au plus grand plaisir de Julien, 32 ans. Lui aussi a voté François Fillon à la primaire avant de rapidement prendre sa carte au FN. « Fillon, il fait la morale sur les dépenses puis on apprend qu'il fait l'exact opposé de ce qu'il préconise.
 
Sur le terrorisme, ça sera la même chose, qu'on ne s'y trompe pas… Il ne fera rien de plus que Sarkozy ou Hollande. » Sa voisine l'interrompt : « Moi aussi, j'ai cru à Fillon au début. Il a déjà été aux manettes et pour quels résultats ? » Et la femme de brandir sa carte d'adhérente Les Républicains plus à jour : « La droite doit avoir conscience que son avenir se joue avec Marine. C'est fini les de Gaulle, Chirac et consorts… Et faute de Sarkozy, tout se joue avec elle et surtout pas avec Fillon ! »
 
ENVOYÉ SPÉCIAL À METZ, OLIVIER PÉROU - Lepoint
 

: Afrique Monde