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Côte d'Ivoire: Scandale d'Agrobusiness à Paris en plein salon de l'agriculture, les souscripteurs envahissent le stand de la Côte d'Ivoire et crient «ADO voleur»

2017-03-07 02:52:40 - En plein salon de l'agriculture, alors que récemment le sourire retentissait sur les lèvres suite à la décoration du ministre de tutelle, Sangafowa Coulibaly comme commandeur dans l'ordre du Mérite agricole français, les victimes du gel des comptes des entreprises d'agrobusiness ont envahi le stand Côte d'Ivoire pour protester pacifiquement contre l'attitude de l'Etat, qualifiée de «braquage gouvernemental » relève Koaci.com.

Le scandale de l'agrobusiness, tel un feuilleton à rebondissement ne manque plus d'attirer l'attention de l'opinion publique nationale et internationale.
 
« Dégeler les comptes », « gouvernement de voleurs » ou pire « Ado voleur », telles sont les diatribes essuyées par les institutions de la République ce Samedi 04 Mars 2017 en plein Paris et en plein Salon international de l'agriculture. Honteuse situation, près du stand du pays, premier exportateur mondial de Cacao. 
 
Plusieurs citoyens de la diaspora ont souscrit dans l'agrobusiness. Ils sont nombreux à soutenir leurs proches en Côte d'Ivoire. Nous sommes des « investisseurs victimes» scandent-ils.
 
« A cause de ce gouvernement qui essaie de se donner une bonne image à l'international », le « peuple se meurt » car « la réalité en Côte d'Ivoire est tout autre » fulminent-ils.
 
Sur les affiches on peut lire « RSI ou RSI » quand d'autres brandissent le taux de chômage qui conduit les jeunes à s'engloutir dans la méditerranéen. Le pays est devenu le plus gros migrant illégal en Italie malgré bien des efforts et une super croissance.
 
« Nous ne sommes pas dans l'opposition » précisent les manifestants ; mais « nous sommes entrain de décrier une injustice » et d'ajouter, « le gouvernement est entrain de minimiser ce qui se passe mais c'est une bombe à retardement ».
 
Contrairement à Paris, sur le sol d'Abidjan les souscripteurs locaux ont plusieurs fois été gazés par la police. Certains, placés en garde à vue. Le même Samedi, pendant les manifestations de Paris, désespérées, les victimes d'Abidjan se rassemblaient à la cathédrale St Paul au Plateau en début de soirée pour invoquer le ciel. Mais, la police a à nouveau marquée son hostilité à leur présence.
 
« Dans toutes les familles en Côte d'Ivoire on trouvera au moins une personne qui a investi dans ce secteur d'activité » soutient un souscripteur. Pour rappel, l'agrobusiness c'est au moins 36699 souscripteurs avec au moins 65206 contrats.
 
Les derniers chiffres donnés par le Groupe de travail mis sur pied par l'Etat révèlent un montant global de 103 738 802 076 fcfa de RSI et de remboursements effectués.
 
Les souscripteurs souhaitent se faire payer par leurs prestataires et ne manquent pas de voir un coup louche dans l'interférence de l'Etat.
 
Dans le cadre de cette affaire, plusieurs arrestations de dirigeants de société d'agrobusiness ont eu lieu et d'autres mesures judiciaires sont en court après le gel des comptes et la saisie des biens des entreprises. 
 
Certains vont jusqu'à dire que c'était le piège d'une mafia au sommet de l'Etat qui finalement a été le premier garant d'une activité rependue sur toute l'étendue du territoire nationale.
 
En attendant la suite de cette affaire d'agrobusiness, de nombreux citoyens pleurent leurs épargnes et d'autres estiment avoir servi d'appâts pour faire prospérer la vente de crédit opérée par les banques.
 
Rappelons qu'en 2015, une enquête menée a indiqué une amélioration du niveau de vie de la classe moyenne en Côte d'Ivoire avec une capacité d'épargne de 72% à l'échelle continentale.
 
Le scandale de l'agrobusiness éclate dans une ambiance de remous sociaux et de frustrations politiques, le secteur primaire est éprouvé par les méventes du cacao, les primes payées aux ex-rebelles mutins écœurent, l'armée boude en faisant sa mue et l'opinion craint la reprise d'une grève des fonctionnaires.
 
D'ici le 15 mars 2017 l'Etat veut rembourser les souscripteurs d'agrobusiness après un premier rendez-vous manqué. Le remboursement du capital de chaque adhérent n'est pas certain, la frustration sociale monte car des voix annoncent un paiement au prorata.
 
Koaci

: Afrique Monde